L’assassinat d’Ali Mecili: Un crime des services algériens couvert par l’État français – Abbes Hamadene

En ce 39ème anniversaire de l’assassinat de Ali Mecili, j’ai une profonde et amicale pensée pour son épouse, Annie, cette femme admirable de courage et de dignité qui n’a jamais cessé de se battre contre l’impunité dont bénéficient les assassins de Ali Mecili.

J’ai aussi une affectueuse pensée pour leurs deux enfants Léa et Yalhane.

Un combattant de la Guerre de Libération

Ali Mecili s’est engagé très tôt dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie. Doué d’une intelligence brillante, d’un esprit vif, d’une extraordinaire capacité d’analyse, il connut une ascension fulgurante, en accédant rapidement au grade de lieutenant dans les services de renseignement de l’Armée de Libération Nationale. 

Un opposant de la première heure

Après l’indépendance, il s’oppose au coup d’état mené par le clan d’Oujda (Houari Boumediene et Ahmed Ben Bella) contre le GPRA et les institutions de la Révolution algérienne. Rapidement, il rejoint Hocine Aït Ahmed et participe à la création du premier parti politique dans l’histoire de l’opposition algérienne, le FFS (Front des Forces Socialistes) en date du 29 septembre 1963.

Le 17 octobre 1964, il est arrêté par l’armée de Boumediene et transféré à la prison militaire d’Oran. Libéré le premier novembre 1965, il prend la route de l’exil dès le début de l’année suivante.

Homme d’éthique, de dialogue, Mecili était doté d’une exceptionnelle vision stratégique. Il a formé de nombreux militants à la culture démocratique et a été à l’initiative de plusieurs projets, notamment la création de la première Ligue de défense des droits de l’homme (LDDH) en Algérie. 

L’avocat des pauvres et le défenseur des causes justes

En 1973, Ali Mecili devient avocat et s’installe à Paris. Il consacre une bonne partie de son temps à défendre les exilés politiques de toutes origines, les sans-papiers, les travailleurs immigrés, les réfugiés politiques… Il crée avec une psychanalyste turque et d’autres militants « La Maison bleue », un lieu d’accueil pour les pauvres et les vieux chibanis. La « Maison bleue » proposait gratuitement divers services assurés par des bénévoles : écrivains publics, assistantes sociales, avocats, médecins… 

L’ami et le compagnon le plus proche de Hocine Aït Ahmed

Dès 1962, les deux héros de la guerre de libération s’engagent pour la reconquête de l’indépendance confisquée par l’armée des frontières conduite par Houari Boumediene. De ce combat commun, allait naitre l’une des collaborations les plus fécondes qu’il nous ait donné de voir et une amitié fusionnelle destinée à durer au-delà de la mort. 

L’assassinat

Le 7 avril 1987, Ali Mecili est assassiné de trois balles tirées à bout portant dans l’entrée de son domicile à Paris. Le 12 juin 1987, sur la base de renseignements confidentiels très précis, la police judiciaire française arrête le présumé assassin, un certain Abdelmalek Amelou, un voyou au lourd casier judiciaire.

Deux livres ont été consacrés à cet ignoble assassinat, l’un écrit par Ait Ahmed et l’autre par Michel Naudy, un immense journaliste d’investigation.

Les deux livres évoquent un ordre de mission de la Sécurité militaire algérienne qui aurait été trouvé dans le domicile d’Amelou Abdelmalek lors d’une perquisition menée par la police française.

Malgré un important faisceau d’indices graves et concordants, le gouvernement français le réexpédie à Alger au lieu de le remettre à la justice. Depuis, ce petit voyou mène une vie de pacha en Algérie. Tout se passe comme si le pouvoir algérien était assuré de la complicité de l’État français et de sa complaisance pour oser commettre un crime barbare au cœur de Paris. 

ALI Mecili savait qu’il allait être assassiné

Ali Mecili faisait partie des rares personnes qui s’opposaient haut et fort contre l’État policier algérien à cette époque. Se sachant menacé, il a écrit ces lignes : « J’aurais pu mourir hier sous les balles des soldats de la colonisation, je meurs aujourd’hui sous des balles algériennes dans un pays que l’ironie de l’histoire a voulu que je connaisse après l’avoir combattu les armes à la main. Je meurs sous des balles algériennes pour avoir aimé l’Algérie. » Repose en paix camarade, ton combat a montré la voie à des millions d’Algériennes et Algériens.

Présentation par les éditions La Découverte du livre de Hocine Aït Ahmed 

L’affaire Mécili

Le 7 avril 1987, Ali Mécili, avocat au barreau de Paris, figure marquante de l’opposition démocratique au régime d’Alger, était assassiné devant son domicile parisien. Deux mois plus tard, la police française arrêtait le tueur, un petit truand algérien aux ordres de la Sécurité militaire, les services secrets de l’armée algérienne. Mais au lieu d’être remis à la justice, il était… réexpédié à Alger. Et, depuis vingt ans, ce crime qui déshonore la Ve République est resté impuni. D’où l’importance de ce livre, publié pour la première fois en 1989, pour comprendre la vraie nature du régime algérien et les réseaux secrets de la  » Françalgérie « .
Grande figure de la lutte d’indépendance algérienne et opposant historique au régime militaire qui contrôle l’Algérie, Hocine Aït-Ahmed y retrace en détail les circonstances du meurtre de son ami de toujours, ainsi que l’attitude scandaleuse de la police et de la justice françaises. Mais aussi, à travers l’évocation du parcours exemplaire d’Ali Mécili, la lutte d’opposants courageux contre un  » pouvoir de l’ombre  » qui a confisqué dès 1962 la lutte de libération du peuple algérien. Et, dans une postface inédite, il évoque le  » bain de sang  » dans lequel ce pouvoir a plongé son pays à partir de 1992, et l’incroyable omerta qui continue depuis à recouvrir, en France comme ailleurs, les crimes contre l’humanité d’une junte de généraux corrompus.

https://www.editionsladecouverte.fr/l_affaire_mecili-9782707151346

Source : Algeria-Watch.info – 13/04/2026 https://www.algeria-watch.info/lassassinat-dali-mecili-un-crime-des-services-algeriens-couvert-par-letat-francais/

Algérie, mémoire fragmentée : Augustin d’Hippone, l’histoire qu’on n’ose pas se raconter – Bachir Djaïder

Il est des visites qui, à défaut d’avoir marqué durablement la mémoire collective, agissent comme des révélateurs silencieux. Celle de Léon XIV en Afrique du Nord ne saurait être reléguée à un simple épisode marginal : elle constitue au contraire un moment chargé de portée historique et symbolique, révélateur d’une profondeur souvent négligée.

Derrière ce déplacement pontifical se profile une réalité que l’Algérie contemporaine peine encore à embrasser : celle d’un passé profondément pluriel, où se croisent judaïsme, christianisme, romanité, amazighité et, plus tard, islamité.

Au fond, cette visite n’est pas tant importante pour ce qu’elle fut concrètement que pour ce qu’elle révèle : une continuité historique que les récits modernes ont fragmentée, parfois volontairement, souvent par omission.

Une Algérie antique : carrefour de civilisations et matrice de pensée

Bien avant que les minarets ne dominent les villes, bien avant même que l’arabe ne devienne langue de culture et d’administration, le territoire algérien s’inscrivait pleinement dans l’espace méditerranéen antique. Il ne s’agissait pas d’une périphérie, mais d’un centre dynamique de circulation des idées, des hommes et des croyances. Sous l’Empire romain, des cités comme Hippone, Timgad ou Cuicul rayonnaient par leur urbanisme, leur culture et leur vie intellectuelle. C’est dans ce terreau que naquit l’une des figures majeures de la pensée occidentale et chrétienne : Augustin d’Hippone. Ces cités témoignent encore aujourd’hui de cette splendeur. Leurs forums, leurs théâtres, leurs thermes racontent une histoire que les pierres n’ont jamais cessé de murmurer. Une histoire où l’Afrique du Nord n’était pas marginale, mais constitutive de l’Empire romain.

C’est dans ce contexte qu’émergea une figure dont l’influence dépasse largement les frontières de son époque : Augustin d’Hippone. Né à Thagaste, correspondant à l’actuelle ville Souk Ahras, il incarne cette synthèse entre héritage africain, culture latine et spiritualité chrétienne.

Augustin n’est pas seulement un saint ou un théologien. Il est un penseur de l’intériorité, un analyste du temps, un explorateur de l’âme humaine. Ses Confessions et La Cité de Dieu ont façonné des siècles de réflexion philosophique et théologique. Pourtant, en Algérie, son nom reste souvent cantonné aux cercles académiques, comme s’il appartenait davantage à l’Europe qu’à la terre qui l’a vu naître.

Du basculement islamique à la survivance des héritages

L’arrivée de l’islam au VIIe siècle constitue indéniablement une rupture majeure. Mais toute rupture historique est aussi un processus, jamais un effacement instantané. Les structures anciennes ne disparaissent pas du jour au lendemain ; elles se transforment, s’adaptent, parfois résistent.

La visite de Léon XIV s’inscrit précisément dans cette temporalité longue. Elle suggère que plusieurs siècles après la conquête musulmane, des communautés chrétiennes subsistaient encore en Afrique du Nord, suffisamment structurées pour maintenir des liens avec Rome.

Cette persistance nuance l’idée d’un basculement total et immédiat. Elle révèle un entre-deux, une zone de contact où coexistaient différentes appartenances religieuses et culturelles. Une complexité que les récits simplificateurs ont souvent tendance à gommer.

La fabrique du récit national : entre nécessité et amnésie

Toute nation se construit un récit. C’est une nécessité presque vitale : il faut des repères, des figures fondatrices, des continuités. Mais ce processus implique aussi des choix. Et tout choix est, par essence, une sélection.

Après 1962, l’Algérie indépendante s’est engagée dans une entreprise de reconstruction identitaire. Face à la violence coloniale et à la nécessité de se réaffirmer, deux piliers ont été privilégiés : l’islam et l’arabité. Ce choix, compréhensible dans son contexte, a néanmoins eu pour effet de reléguer d’autres dimensions de l’histoire nationale. Ainsi, des figures comme Augustin d’Hippone ont été progressivement marginalisés. Non pas toujours par rejet explicite, mais par un silence qui finit par produire de l’oubli.

Ce phénomène n’est pas propre à l’Algérie. De nombreuses nations ont « caviardé » certaines pages de leur histoire pour construire une identité cohérente. Mais ce qui distingue les sociétés matures, c’est leur capacité à revenir sur ces omissions, à réintégrer ce qui avait été mis de côté.

Saint Augustin : une mémoire déplacée

Le cas de Saint Augustin d’Hippone est particulièrement révélateur. En Europe, il est une figure majeure, étudiée, commentée, célébrée. En Algérie, il est souvent perçu comme une figure étrangère, presque importée, alors même qu’il est né sur ce sol. Ce décalage interroge. Comment un homme enraciné dans la terre de Souk Ahras peut-il être perçu comme extérieur à l’histoire nationale ?

La réponse tient en partie à une confusion entre identité religieuse et appartenance historique. Parce qu’Augustin est chrétien, il est parfois considéré comme ne relevant pas de l’héritage algérien contemporain. Comme si l’histoire devait être alignée sur l’identité présente. Or, une telle logique est réductrice. Elle revient à nier la profondeur historique au profit d’une vision figée et homogène de la nation.

L’Algérie comme palimpseste

Pour comprendre pleinement cette question, il faut envisager l’Algérie non pas comme une entité monolithique, mais comme un palimpseste. Un espace où les strates historiques se superposent sans jamais totalement disparaître. Sous l’Algérie arabe et musulmane, il y a l’Algérie berbère. Sous celle-ci, l’Algérie romaine. Et dans cette dernière, une Afrique chrétienne foisonnante. Chaque couche ne remplace pas la précédente ; elle s’y ajoute, la transforme, parfois la recouvre, mais jamais complètement.

Les ruines de Djemila ou de Timgad ne sont pas des vestiges morts : elles sont les témoins visibles de cette stratification. Elles rappellent que l’identité algérienne est le produit d’une longue histoire, faite de continuités et de ruptures.

Réhabiliter sans renier

Reconnaître cette pluralité ne signifie pas affaiblir l’identité actuelle. Au contraire, cela permet de l’enrichir. Une nation qui assume toutes les dimensions de son passé est une nation plus solide, plus confiante, moins vulnérable aux simplifications idéologiques. Réhabiliter Augustin d’Hippone, ce n’est pas christianiser l’Algérie. C’est reconnaître qu’elle a été, à un moment de son histoire, un foyer majeur du christianisme. Se souvenir de son passé ne rime pas forcément avec la remise en cause en cause de l’islamité du pays. C’est simplement accepter que cette terre a connu d’autres horizons spirituels.

Pour une réconciliation avec le passé

L’enjeu, au fond, est celui de la réconciliation. Non pas une réconciliation politique ou idéologique, mais une réconciliation avec le temps long. Il s’agit de sortir d’une vision défensive de l’histoire, où chaque élément est évalué à l’aune de sa compatibilité avec l’identité actuelle. Il s’agit d’accepter que l’histoire déborde toujours les cadres dans lesquels on tente de la contenir.

L’Algérie n’a rien à perdre à reconnaître la richesse de son passé. Elle a, au contraire, tout à y gagner : une profondeur accrue, une ouverture plus grande, une capacité à dialoguer avec le monde sur la base d’une histoire pleinement assumée.

Retrouver la totalité de soi

La visite imminente de Léon XIV en Algérie, prévue du 13 au 15 avril 2026, conjuguée à la permanence intellectuelle et spirituelle de Augustin d’Hippone, dépasse largement le registre de la simple évocation historique. Il ne s’agit ni d’une anecdote ni d’un rappel érudit destiné aux seuls spécialistes, mais bien d’un moment charnière qui invite à relire l’histoire nationale à nouveaux frais. Cette convergence entre un événement contemporain et une figure fondatrice agit comme un révélateur : elle met en lumière les continuités enfouies, les héritages tus et les filiations souvent négligées. À travers eux, c’est toute une profondeur historique qui ressurgit, obligeant à considérer l’Algérie non comme une identité figée, mais comme un espace de mémoire complexe, traversé par des influences multiples. Ainsi, loin d’être de simples curiosités, cette visite et cette figure constituent de véritables clés de lecture pour comprendre ce que l’Algérie a été — et, peut-être, ce qu’elle peut encore devenir.

Refuser cette complexité, c’est se priver d’une partie de soi. L’assumer, c’est au contraire accéder à une forme de maturité historique. Car une nation ne se construit pas seulement sur ce qu’elle choisit de retenir, mais aussi sur ce qu’elle accepte enfin de regarder en face.

Bachir Djaïderjournaliste et écrivain

Source : Le Matin d’Algérie – 12/04/2026 https://lematindalgerie.com/algerie-memoire-fragmentee-augustin-dhippone-lhistoire-quon-nose-pas-se-raconter/

Une tragédie occultée de la guerre d’Algérie. Les camps de regroupement – Lorraine Rossignol

Plus de 2 millions d’Algériens déplacés de force, 200 000 morts : le livre de Lorraine Rossignol, grand reporter à Télérama, révèle la tragédie occultée des 2 500 camps durant la guerre d’Algérie.

Présentation de l’éditeur

1954-1962. Durant toute la guerre d’Algérie, sur 8,5 millions de “musulmans”, plus de 2 millions de fellahs – des paysans vivant dans le djebel ou sur les Hauts Plateaux – furent déplacés de force par l’armée française et regroupés dans quelque 2 500 camps. On estime qu’environ 200 000 personnes y trouvèrent la mort, victimes de malnutrition ou de maladies, majoritairement des enfants. À l’époque, à peine une décennie après la découverte des camps nazis, des voix s’élevaient déjà pour dénoncer un génocide en cours.
Mais qu’avaient donc pu faire ces fellahs pour se retrouver “parqués” là ? La stratégie des autorités françaises, d’abord militaire, puis très vite politique, était claire : il fallait les empêcher d’apporter un soutien logistique aux “fellaghas”, ces maquisards de l’Armée de libération nationale qui opéraient depuis les montagnes et les zones rurales les plus reculées. L’objectif final était d’embrigader ces populations regroupées selon un modèle directement inspiré de l’expérience indochinoise, ce qui permettait, au passage, d’oublier Diên Biên Phu.
En croisant des sources historiques, sociologiques, économiques, démographiques, politiques et médiatiques avec des témoignages recueillis tant en France qu’en Algérie, Lorraine Rossignol entraîne le lecteur dans un récit-enquête. Tout en révélant ces sombres réalités, elle nous donne à voir les acteurs qui contribuèrent, de façon déterminante pour certains, à éclairer cette histoire dont ils furent les contemporains : Michel Rocard, Pierre Bourdieu, Frantz Fanon…
Dans les débats mémoriels actuels, cet ouvrage entend briser, une fois encore, un trop lourd silence.

Parution : 01/04/2026 – Actes Sud https://actes-sud.fr/catalogue/une-tragedie-occultee-de-la-guerre-d-alg-021556

À Carhaix, un hommage au général de Bollardière et à son épouse, le 10 avril

Jeudi 9 avril 2026, par 4ACG Gérard C

Par Le Télégramme. Le 8 avril 2026

Carhaix rendra hommage au général de Bollardière et à son épouse le 10 avril. Une cérémonie devant leur stèle rappellera leur engagement contre la torture et pour la solidarité.

L’association des Anciens appelés en Algérie et leurs Ami.e.s contre la guerre (4ACG) organise sa 22e assemblée générale en Bretagne du 10 au 12 avril 2026. Si l’événement se déroulera principalement à Châteaulin, l’ouverture officielle de la journée aura lieu à Carhaix, le vendredi 10 avril.

Une cérémonie place du 19-Mars-1962

À partir de 10 h, un hommage solennel sera rendu à Jacques Pâris de Bollardière, général d’armée connu pour son opposition à la torture durant la guerre d’Algérie, ainsi qu’à son épouse Simone de Bollardière, qui fut vice-présidente de la 4ACG jusqu’en 2020.

La cérémonie se tiendra devant la stèle érigée en 2019 par la municipalité. Elle se déroulera en présence de Christian Troadec, maire de Carhaix, des coprésidents de l’association, ainsi que d’Armelle et Marion, les filles du couple Bollardière. L’hommage sera accompagné par les sonneurs de Re an Are.

Un engagement de 20 ans

Créée en 2004, la 4ACG rassemble d’anciens appelés ayant fait le choix de reverser leurs pensions de guerre à des projets de solidarité et de développement en Algérie, en Palestine ou en Syrie. En deux décennies, plus de 1 250 000 € ont ainsi été affectés à des actions de restauration et de réhabilitation.

Après ce temps fort carhaisien, les participants rejoindront Châteaulin pour la suite du programme, comprenant des conférences historiques et des projections cinématographiques.


Source : 4ACG – 09/04/2026 https://4acg.org/A-Carhaix-un-hommage-au-general-de-Bollardiere-et-a-son-epouse-le-10-avril

Restitution des biens mal acquis : Le jeu trouble de Macron – Kamel Benelkadi

Le dossier de la récupération des avoirs détournés par l’ancienne nomenclature algérienne traverse une zone de fortes turbulences diplomatiques. Alors que le président Abdelmadjid Tebboune a fait de la restitution des «biens mal acquis» son cheval de bataille, les autorités algériennes dénoncent de plus en plus ouvertement un blocage systématique de la part de la France.

Le contraste est saisissant. Selon les données les plus récentes issues du Conseil des ministres d’avril 2026, l’Algérie a adressé 61 commissions rogatoires à la France, mais «aucune n’a abouti à ce jour et sont restées sans réponse». A l’opposé, la coopération avec la Suisse est citée en exemple : sur 33 demandes transmises à Berne, 20 ont été acceptées et plus de 110 millions de dollars sont déjà en cours de restitution.

L’Espagne a coopéré assez rapidement dans le cadre de cette procédure, ce qui a abouti à la restitution d’un hôtel 5 étoiles le Ritz El Palace, acquis illicitement à Barcelone par l’homme d’affaires Ali Haddad. Il est revenu officiellement à l’Etat algérien, représenté par le Fonds national d’investissement (FNI) depuis le 1er août 2025. Ce silence français est qualifié par Alger de «politiquement radioactif».

Le ministère des Affaires étrangères a officiellement fustigé une «absence totale de coopération» et des «tergiversations injustifiées» qui tranchent avec l’attitude de partenaires européens jugés plus «sincères et loyaux».

La France souligne que ces dossiers sont entre les mains de juges «indépendants» sur lesquels le gouvernement n’a théoriquement pas d’autorité directe. Des arguments qui ne tiennent pas la route. Cependant, des observateurs estiment que Paris applique des critères non judiciaires, utilisant ce dossier comme un levier dans un rapport de force diplomatique global. Le refus, par exemple, d’extrader Abdessalem Bouchouareb, ex-ministre condamné en Algérie, est perçu à Alger comme le symbole de cette mauvaise volonté.

Pourtant de multiples procédures judiciaires sont engagées en France visant des patrimoines immobiliers et financiers importants, constitués dans ce pays par des dirigeants africains et arabes (Gabon, Congo, Guinée équatoriale, Syrie…). La presse française fait grand cas de toutes ces affaires.

A titre d’exemple, Téodorin Obiang Nguema, fils du chef de l’Etat de la Guinée équatoriale, a été condamné pour «blanchiment et détournement de deniers publics». Son hôtel, estimé à 100 millions d’euros, et d’autres biens ont été confisqués. Les biens, appartenant à la famille Bongo ont été saisis, malgré les liens politiques très profonds entre cette famille et la France. Un bien appartenant à la famille de Denis Sassou N’guesso, président du Congo, situé dans le 17e arrondissement à Paris, a été également saisi par les juges français. En outre, Rifaat Al Assad (Syrie) a été lui aussi condamné pour «blanchiment de fonds publics syriens» avec un patrimoine confisqué de 90 millions d’euros.

Le dossier qui fâche

Ce refus des autorités françaises d’accéder aux demandes formulées par les juges algériens est également interprété par certains analystes comme une volonté de ne pas assainir le climat politique avec l’Algérie. Les conséquences de ce blocage sont multiples et profondes. Le dossier des biens mal acquis est devenu un indicateur de la qualité de la coopération entre les deux Etats. La crise dure depuis plusieurs années. Alger commence à évoquer le principe de réciprocité.

Le pays pourrait rejeter certaines demandes françaises, notamment en matière de lutte antiterroriste ou de sécurité, domaines où Paris est demandeur. Alors que des milliards de dollars issus de la rente pétrolière se sont évaporés sous l’ère Bouteflika, le blocage français empêche le financement de projets de développement dont le peuple algérien a été spolié. En somme, ce qui devrait être un dossier technique d’entraide judiciaire s’est visiblement transformé en un affrontement politique, où «le droit» sert souvent de paravent à des intérêts diplomatiques occultes.

Source : El Watan- 08/04/2026 https://elwatan.dz/restitution-des-biens-mal-acquis-le-jeu-trouble-de-macron/

Le Spectre du colonialisme – Nedjib Sidi Moussa

Présentation de l’éditeur

Un spectre hante la France : le spectre du colonialisme

Depuis au moins deux décennies, les factions idéologisées de la production du savoir, du traitement de l’information et de la conquête du pouvoir ont contribué, au gré des « guerres culturelles », à faire du rapport au passé colonial l’une des problématiques les plus sensibles dans une société fragmentée.
Cette question, souvent perçue à travers le prisme algérien, soulève de nombreux enjeux contemporains, par delà les controverses inhérentes aux cercles intellectuels : de la persistance niée du racisme à l’instrumentalisation de la diversité, en passant par la politisation de la présence musulmane, le tout sur fond de décomposition du vieux mouvement ouvrier et de crise du capitalisme néolibéral.
Au croisement de la science politique, de la sociologie critique et de l’histoire des idées, ce livre aborde ces thématiques avec une approche singulière, qui associe pensée matérialiste et méthode dialectique, à rebours de la fausse conscience ou de la mauvaise conscience qui prévalent dans les débats.
Sans concession à l’idéologie dominante ni à ses fausses alternatives, il invite aussi à examiner d’un regard neuf la trajectoire de figures intellectuelles confrontées à la révolution anticoloniale dans le tiers-monde ou à l’avènement d’une France postcoloniale, à l’instar d’Albert Camus, Guy Debord, Frantz Fanon, Joseph Gabel, Maxime Rodinson, etc., dont la part d’ombre et de lumière résonne avec force dans la conjoncture actuelle

Paru le Vendredi 03 Avril 2026 aux éditions de l’Echappée

https://www.lechappee.org/collections/hors-collection/le-spectre-du-colonialisme

Jeudi 16 Avril 2026 Nedjib Sidi Moussa présentera Le Spectre du colonialisme à partir de 19h30 à la librairie Libre Ère (111 bd de Ménilmontant, 75011 Paris)

L’archive inédite de Krim Belkacem sur la préparation du 1er Novembre – Hamid Arab

Une archive inédite, longtemps portant la signature de Krim Belkacem et la date de 30 avril 1958 puis transmise au sein de sa famille, apporte un éclairage intéressant sur les prémices du déclenchement de la guerre d’indépendance algérienne et des forces en présence.

Cette archive (voir ci-dessous) relate une réunion tenue le 9 juin 1954 entre Mostefa Ben Boulaïd et Krim Belkacem, au cours de laquelle est évoquée la préparation d’une « action armée contre le colonialisme » prévue pour octobre 1954. Ce document s’inscrit dans le contexte plus large de la montée des tensions entre courants nationalistes (centralistes, messalistes et les maquisards) et de la structuration progressive du mouvement nationaliste, qui aboutira au déclenchement de l’insurrection.

Quelques mois plus tard, le 10 octobre 1954, une nouvelle réunion des Six fixe définitivement la date du passage à l’action armée dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954. Cette décision historique était l’une des décisions les plus courageuses mais aussi téméraires prises par une poignée de nationalistes. Krim l’écrit : il avait au départ soutenu Messali Hadj avant de se rendre à l’évidence et de comprendre qu’il n’était pas pressé de déclencher la guerre d’indépendance.

Ecrit donc en pleine guerre, ce document qui revient succinctement sur certains faits illustre aussi l’aboutissement d’un long processus de coordination clandestine et de maturation politique face à la domination coloniale française.

L’ archive en question a été transmise à Lyazid Benhami, président du Groupe de réflexion sur l’Algérie (GRAL) et coordinateur du centenaire de Krim Belkacem. Elle est aussi publiée par histoirecoloniale.net.

Cette nouvelle pièce archivistique est aujourd’hui rendue publique afin d’être mise à la disposition des historiens et des passionnés de la guerre d’indépendance. Son étude permettra de comprendre les luttes internes du mouvement indépendantiste et d’évaluer, avec le recul critique nécessaire, son importance dans l’historiographie qui traite de cette date fondatrice du 1er Novembre 1954.

Archive-personnelle-de-Krim-Belkacem-du-30-avril-1958

Source : Le Matin d’Algérie – 01/04/2026 https://lematindalgerie.com/larchive-inedite-de-krim-belkacem-sur-la-preparation-du-1er-novembre/

France – Médias, politiques : la panique raciste

Hyperfocalisation médiatique, soupçons de « sédition » et rappels à l’ordre officiels : les Français issus de l’immigration, devenus maires de grandes villes de la banlieue parisienne ou lyonnaise, subissent un déferlement politique et médiatique raciste qui tombe sous le coup de la loi.*

Une émission présentée par Mathieu Magnaudeix, préparée avec Yunnes Abzouz et Laura Wojcik 

  • Yunnes Abzouz, journaliste à Mediapart ; 
  • Nassira El Moaddem, journaliste à « Arrêt sur images », autrice de Main basse sur la ville. Enquête au Blanc-Mesnil, territoire trahi de la République (éd. Stock, 2026) ; 
  • Bassi Konaté, maire de Sarcelles (Val-d’Oise) ; 
  • Ellen Salvi, responsable du pôle politique de Mediapart ; 
  • Julien Talpin, sociologue, chercheur en science politique, directeur de recherche au CNRS, auteur de La Colère des quartiers populaires. Enquête socio-historique à Roubaix (éd. PUF, 2024) et coauteur de La France, tu l’aimes, mais tu la quittes. Enquête sur la diaspora française musulmane (éd. Seuil, 2024). 

Source : Médiapart – A l’air libre – 31/03/2026 https://www.mediapart.fr/journal/france/310326/ce-que-certains-ne-supportent-pas-cest-de-voir-des-noirs-et-des-arabes-gagner-une-ville-et-feter-une-victo

*Intro modifiée. En effet, il ne s’agit pas de « Noirs » et d »Arabes », mais de Français, de Français issus de l’immigration puisque la précision s’impose ici. Je n’adhère pas à l’emploi du terme « racisé » en dehors du contexte auquel il appartient, à savoir la recherche en sciences sociales. Catherine Sicart, animatrice du site.