Montpellier – Commémoration du crime d’État commis en plein Paris le 17 octobre 1961

Un hommage citoyen et associatif à la mémoire des Algériennes et Algériens victimes des violences racistes et coloniales de l’État français a eu lieu à partir de 10 heures devant la plaque commémorative sur le pont Jean Zuccarelli.

A l’initiative du MRAP, l’appel national a été lu en présence de tous les signataires suivants : Association Nationale des Pieds Noirs Progressistes et leurs Ami.e.s ( ANPNPA), Association Républicaine des Combattants (ARAC) 34, Ceini Hnyei Kanaky, les Ecologistes de Montpellier, FSU 34, Gauche Ecosocialiste 34, Institut d’Histoire Sociale (IHS), CGT Marcel Caille, Mouvement de la Paix, Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP) de Montpellier, Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA A) 34, Réseau Universitaire Sans Frontière (RUSF), Rencontres Marx, Saudade, Union Locale CGT.

A la suite, des fleurs ont été jetées dans le Lez.

Gérard Norbert, ANPNPA-Montpellier

Grenoble – Commémoration du crime d’État commis en plein Paris le 17 octobre 1961

Samedi 17 octobre, à 18 heures, place Edmond-Arnaud, devant la plaque commémorative, la Ville de Grenoble et le Collectif 17 octobre 1961 Isère, dont l’ANPNPA fait partie, ont rendu hommage aux victimes de la répression de la manifestation d’Algériens à Paris, il y a soixante-cinq ans. Après la minute silence, le programme prévoyait un cortège jusqu’à la passerelle Saint-Laurent, où des fleurs ont été jetées dans l’Isère.

« C’est à la fois un honneur d’être parmi vous, mais c’est surtout une certaine gravité qui m’habite », a déclaré la maire, Laurence Ruffin (ci-contre) , devant les élus, les représentants consulaires et associatifs et les habitants. Elle a rappelé les faits et le long chemin de la mémoire : les faits n’ont été reconnus qu’en 1991.

Citant l’historien Benjamin Stora, elle a affirmé que « l’apaisement passera par une reconnaissance des souffrances de l’autre ». Et d’insister : « Notre présent, sans cette mémoire, n’a pas d’avenir. » En conclusion, elle a invité à être fier d’une ville « ouverte, engagée, accueillante, antiraciste »

Au nom du collectif, qui réunit une quarantaine d’associations, Nedjma Bendiab a remercié élus présents et rappelé que le souvenir de cette date est honoré à Grenoble depuis plus de
trente ans, avec un premier rassemblement dès le 18 octobre 1961. Pour le collectif, cette mobilisation permet de « regarder en face l’Histoire de la colonisation de ce qu’elle dit de notre présent ». Il demande à l’État de reconnaître officiellement sa
responsabilité et de qualifier les événements de « crime d’État », ainsi que l’ouverture sans restriction des archives de la guerre d’Algérie aux chercheurs. Il rappelle que l’Assemblée nationale a adopté, le 28 mars 2024, une résolution condamnant le massacre, et soutient la création d’une journée officielle de commémoration.

Marcel Borg, ANPNPA-Grenoble

Perpignan – Commémoration du crime d’État commis en plein Paris le 17 octobre 1961

L’Indépendant – 17/10/2026

Réunion publique : Témoignages

Francine Rapiné (4ACG), porteuse de valises. Première Française condamnée pour son soutien à l’indépendance 

Jean Painvin (4ACG), ancien appelé du contingent – Classe 40

Jacques Folliguet (4ACG), ancien appelé du contingent – Classe 37

Jacki Malléa (ANPNPA), ancien appelé affecté dans un corps non combattant « Les moniteurs de la jeunesse algérienne »  

Dimanche 18 octobre – Visite guidée du Mémorial du Camp de Rivesaltes

Catherine Sicart, ANPNPA-Perpignan

Retour en images sur notre AG 2026

Assemblée générale

Rapport moral (Catherine), bilan financier (Hélène), introduction au débat d’orientation (Jacques)

Rencontres-débats

Avec Aïssa Kadri, sociologue

Avec Tramor Quémener, historien

A table!

Seule en scène

Hélène a pris le bateau de et par Jessica Hénou

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Lendemain d’AG – Visite de Montpellier

… par le petit groupe encore présent dimanche guidé par Gérard

Merci aux photographes, Marie-Hélène, Jacki, Jean Marc et Marcel !

Appel 2026 – 65e commémoration du crime d’État commis en plein Paris le 17 octobre 1961

Appel à rassemblement le 17 octobre 2026 – à Thiais, à Paris et partout en France – dont l’ANPNPA est signataire

La guerre d’indépendance algérienne approchait de son issue victorieuse quand, le 17 octobre 1961, un massacre a été perpétré par la police française sur ordre du pouvoir à l’encontre des milliers d’Algériennes et d’Algériens qui manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre-feu raciste qui leur avait été imposé par le gouvernement de l’époque.

Ce crime d’État demeure trop souvent occulté et trop rarement enseigné.

Nous protestons :

  • Contre les odieuses déclarations de haine à l’encontre des Algérien·ne·s exprimées par des candidat·e·s à l’élection présidentielle de 2027, d’extrême droite, de droite et d’ailleurs. Elles traduisent la résurgence des pires idées racistes des tenant·e·s de l’Algérie française et des extrémistes criminels de l’OAS que certain·e·s cherchent à réhabiliter.
  • Contre l’augmentation systématique des entraves à la circulation des personnes entre l’Algérie et la France et l’aggravation des conditions de séjour des Algérien·ne·s, comme celles des autres étrangères et étrangers en France.
  • Contre la persistance des violences policières et à l’élargissement des conditions dans lesquelles les forces de l’ordre peuvent faire usage de leurs armes, qui rendent plus que jamais nécessaire de regarder notre histoire en face.

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, nous attendons de toutes celles et tous ceux qui prétendent exercer demain les plus hautes responsabilités qu’ils et elles prennent clairement position sur cette épisode sombre de la Vème République. La reconnaissance du massacre du 17 octobre 1961 comme crime d’État ne peut rester une question secondaire : elle est un acte politique et démocratique nécessaire.

On ne peut prétendre construire une République réellement égalitaire sans reconnaître les crimes commis en son nom, ni interroger les héritages qui continuent de peser sur le rapport aux populations racisées et aux quartiers populaires.

Mobilisons-nous pour faire aboutir les revendications du Col1ectif du 170 octobre 1961 :

• la reconnaissance du massacre du 17 octobre comme crime d’État ;
• dans un souci de transparence sur notre histoire et de reconnaissance des faits, un accès libre aux archives de la guerre d’Algérie ;
• que la recherche sur ces questions historiques et mémorielles soit encouragée sans ingérence des pouvoirs politiques ;
• qu’afin de favoriser la transmission aux nouvelles générations, soit créé, en France, un musée national d’histoire du colonialisme et que soit équitablement enseigné cette période de notre histoire commune.

Nous appelons les citoyennes et les citoyens de ce pays et l’ensemble des organisations progressistes, politiques, syndicales et associatives à se joindre aux différentes initiatives prises ce 17 octobre 2026 à Thiais, à Paris et dans le reste de la France.

THIAIS

Rassemblement au Cimetière de Thiais à 14h

Départ collectif à 13h30 du métro Chevilly-Larue vers la division 97

PARIS

Manifestation à 16h30 du cinéma REX au pont Michel
Le traditionnel jeté de fleurs dans la Seine aura lieu à 18h30 au pont Saint Michel

Signataires :

ACAFA (Association Choisyenne d’ Amitié Franco-Algérienne) – ACCES – AFASPA – APCV – Agence de Promotion des Cultures et du Voyage – Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie (ACORT) – Association 17 octobre 1961 contre l’oubli – Association culturelle Les Oranges – Association Démocratique des Tunisiens en France (ADTF) – Association des Ami.e.s de Jean-Luc Einaudi – Association des Ami.e.s de Maurice Rajsfus – Association des anciens appelés en Algérie let leurs ami.e.s contre la guerre (4ACG) – Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF) – Association Josette et Maurice Audin – Association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons – Association Nationale des Pieds Noirs Progressistes et Ami.e.s (ANPNPA) – Association pour la Mémoire, Contre l’Oubli – Au nom de la mémoire – Collectif de lutte antifasciste contre le racisme et l’antisémitisme ( CLARA) – Collectif du 17 octobre 1961, banlieue nord-ouest – Collectif Faty KOUMBA – Collectif Sövkipeu – Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) – Comité vérité et justice pour Charonne – Conseil Représentatif des Associations Noirs (CRAN) – Coordination nationale Pas sans Nous – Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) – Fédération nationale de la Libre Pensée – Fondation Frantz Fanon – Histoire coloniale et postcoloniale – Institut Mehdi Ben Barka – mémoire vivante –
ITS (Institut Tribune Socialiste-Mémoire, Histoire, Archives, du PSU). – LDH (Ligue des droits de l’Homme/droits humains). – Le 93 au Coeur de la Republique – Le Maghreb Des Films – Memorial 98 – Mouvement de la Paix – MRAP – Organisation de Solidarité Trans (OST) – Réseau DICE – Réseau Féministe « Ruptures » – SOS Racisme – UJFP( Union Juive Française pour la Paix) – FSU – les Verts Populaires – Snes-fsu – snpes.pjj.fsu – UNEF – Union Syndicale Solidaires – APRÉS – NPA-L’Anticapitaliste – NPA Révolutionnaires – PCF – PEPS – Pour une Écologie Populaire et Sociale – UCL – Union communiste libertaire

Les actions 2026 connues, partout en France

Montpellier : le 17 octobre à 10h sur le pont Zuccarelli (à côté de l’Hôtel de ville) où nous avons obtenu l’an dernier que la Mairie mette une plaque commémorative.
Perpignan : 11h – Rassemblement, prise de parole, lancer de fleurs, Passerelle de l’Archipel, et à 17h, réunion publique (flyer ci-dessous)
Lille  : Manifestation vendredi 16 octobre à 18h, départ de la place de la République à Lille.
Samedi 17 octobre à 18h débat sur le thème « la continuité coloniale dans les pratiques policières » à la Bourse du travail, bd de l’Usine, à Lille.
Rosny-sous-Bois : vendredi 16 octobre, à 21 h, représentation de « 17 octobre 1961. Je me souviens » de M’Hamed Kaki, suivi d’un débat avec Olivier Lecour Grandmaison. Théâtre G. Simenon, 59 Place Carnot,
Epinay-sur-Seine : samedi 17 octobre 2026, à 10 heures, à l’invitation du collectif Epinay, Paix et mémoire et en présence du maire, intervention à l’occasion du dévoilement d’une plaque à la mémoire des victimes des massacres du 17 octobre 1961.
la Courneuve : samedi 17 octobre 2026, à 13h30, intervention au Centre culturel J. Houdremont, 11 avenue du général Leclerc.
Saint-Lô, vendredi 16 octobre à 18 heures, 15 Square Chapelle de la Madelaine
Granville : le 17 octobre
Villejuif : commémoration place du 17 octobre 1961

Perpignan

Grenoble

Marseille

Choisy-le-Roi 

Commémoration samedi 17 octobre à 11h, square du 17 octobre Représentations de la pièce de M’hamet Kaki « 17 octobre 1961, je me souviens »

Elne – Pas touche à la mémoire de René Vautier! L’extrême droite à l’assaut de la culture

Pétition contre le changement de nom du cinéma Vautier – Signez et diffusez : https://c.org/M6LrygP2Qf

Communiqué du Collectif « Pour une histoire franco-algérienne non falsifiée » (Perpignan)

La Semaine du Roussillon N°1568 – Du 30 septembre au 6 octobre 2026 | www.lasemaineduroussillon.com

Rassemblement de protestation

Vendredi 2 octobre 2026, à l’occasion de l’inauguration du cinéma renommé « La Bobine illibérienne » (!), la mobilisation était au rendez-vous. Parmi les plus de deux cents participants, Moira Vautier, fille du réalisateur (ci-contre).

Le Collectif « Pour une histoire franco-algérienne non falsifiée », dont l’ANPNPA fait partie, était présent.

Prises de parole et moments musicaux se sont succédés dans une ambiance à la fois festive et déterminée face au maire d’Elne et à son équipe, escortés par la police municipale et la gendarmerie nationale. Il est à noter qu’aucun Illibérien ne s’est déplacé pour assister à cette inauguration placée sous le signe de l’uniforme.

L’effacement du nom de René Vautier a provoqué une onde de choc bien au-delà des Pyrénées-Orientales.

L’information a été relayée par la presse nationale (Le Monde, Libé, Blast, Télérama, L’Huma, Mediapart…) et internationale (El Watan, Le Matin d’Algérie…).

Des cinémas un peu partout en France manifestent leur soutien : diffusion des films de René Vautier, salles rebaptisées en son nom, tandis que l’AFCAE (Association française des cinémas Art et Essai) appelle les salles de son réseau à se mobiliser.

Mediapart diffuse le documentaire Afrique 50 de René Vautier dans le cadre de sa sélection hebdomadaire, pour une durée de trois semaines à partir du samedi 3 octobre.

Quid de l’avenir du cinéma d’Elne? La société récemment chargée de sa programmation s’est désengagée, le maire ayant exigé un droit de regard.

Le cinéma d’Elne a perdu son nom, il perd maintenant sa programmation.

« Fortel au placard, Vautier dans l’histoire » collé sur le mur de la mairie d’Elne

Inauguration du camion-cinéma au Festival Échos d’ici, Échos d’ailleurs à Labastide-Rouairoux
En effaçant du cinéma de Elne la mémoire de ceux qui l’ont créé, et le nom de René Vautier, qui avait inauguré la salle en 2005, le maire, classé extrême droite par la préfecture, Steve Fortel avait-il prévu qu’il provoquerait autant de protestations et de solidarité ? On ne sait pas, car il a refusé de répondre à nos questions, il a refusé de répondre aux dizaines de journalistes qui ont essayé d’en savoir plus. Plus de 14 500 personnes ont signé la pétition lancée le 24 septembre dernier. C’est énorme et ça ne faiblit pas. On ne sait plus combien de cinémas ont affiché le nom de René Vautier sur leur devanture, en solidarité (il y en avait 100 le jour où le cinéma d’Elne a commis cette provocation, aussi inutile que revancharde). De plus en plus de programmateurs nous demandent la copie pour diffuser « Le remords » de René Vautier en avant-programme. Les films de René Vautier sont désormais demandés pour être prochainement programmés. Un film est en cours de réalisation aux mutins de Pangée pour essayer de montrer les enjeux de ce geste, et qui pose des questions bien au-delà de la commune de Elne.  Si ce n’est pas encore fait, vous pouvez encore rejoindre la pétition lancée par des habitants et cinéphiles d’Elne, pour retrouver le vrai nom de leur cinéma René Vautier. La lutte continue ! On mollit pas !
– Lire : Ne pas effacer 
– L’édito de l’excellent Laurent Delmas sur France Inter ce matin
Source : Les Mutins de Pangée – 10/10/2026

Toulouse – Rencontres des Amitiés – ANPNPA & 4ACG

Le 6 septembre 2026, une initiative de l’ANPNPA et de la 4ACG a réuni quatre autres associations – Soleil d’Occitanie, Karavan, Les Ami-e-s d’Averroès et l’ATIF-OP – autour d’un pique-nique amical, musical et festif.

Une association de femmes, membres de Toulouse Nord en Mouvement, était également présente pour vendre des gâteaux afin de financer un voyage.

Durant les entractes, nos ami-e-s de Karavan nous ont montré de réelles capacités pour les danses folkloriques du Maghreb.

L’après-midi a été animée par un duo, Ely Pineda et Léo, qui nous ont ravis avec des chansons de Brassens et d’Amérique Latine. Eric de la 4 ACG nous a émus avec de beaux poèmes de son père. Marc a chanté une très belle chanson de lutte et de résistance. 

Amicale et festive, cette première activité commune Rencontres des Amitiés est appelée à se renouveler et à prendre d’autres formes entre des associations toutes animées par la fraternité, la solidarité et l’amitié entre les peuples. 

Moh Kechidi, ANPNPA-Toulouse

Plus de 500 signatures pour un «Forum décolonial» : Appel à fédérer les luttes sur la mémoire coloniale – Amel Blidi (El Watan)

Pour signer la pétition : https://c.org/b5ysQJzgCz

Plus de 500 signatures. L’appel à la constitution d’un « Forum décolonial » lancé autour de l’universitaire Olivier Le Cour Grandmaison entend mettre sur la table la proposition de fédérer les associations, Collectifs, chercheurs, artistes, militants antiracistes et acteurs politiques qui travaillent, chacun de son côté, sur les héritages de la colonisation et du racisme en France.

Parmi les signataires, figurent des universitaires, des historiens, des sociologues, des avocats, des artistes, des responsables associatifs et des élus. Plusieurs personnalités connues ont également apporté leur soutien à l’initiative, dont l’écrivaine et prix Nobel de littérature Annie Ernaux, le dessinateur Jacques Tardi, l’essayiste et ancienne ministre malienne de la Culture Aminata Dramane Traoré, le sénateur Akli Mellouli…

Des organisations et collectifs engagés sur les questions anticoloniales et antiracistes figurent également parmi les signataires, de l’Association des anciens appelés en Algérie contre la guerre (4ACG) à l’Association nationale des pieds-noirs progressistes et leurs amis (ANPNPA), en passant par les collectifs consacrés aux massacres du 17 Octobre 1961, le Collectif national pour la reconnaissance des crimes coloniaux en Algérie (CNRCC), le Mrap ou encore le réseau féministe « Ruptures ».

Histoire de l’esclavage

L’initiative intervient dans un contexte politique français marqué par des débats autour de l’immigration, du racisme, de la mémoire coloniale, de la Palestine et de la place de l’extrême droite dans le débat public. Pour ses initiateurs, ces questions ne peuvent plus être traitées séparément. Le texte de l’appel établit un lien direct entre l’histoire de l’esclavage, celle de la colonisation et certaines fractures politiques et sociales contemporaines.

Du Code noir de 1685 jusqu’en 1848, la France a organisé la déportation vers ses colonies de millions d’Africain(e)s esclavagisé(e)s », écrivent les signataires. Ils décrivent un système « fondé sur la négation de l’humanité des peuples de ce continent », dont les effets, selon eux, continuent de peser sur les sociétés concernées. « Fondé sur la négation de l’humanité des peuples de ce continent, ce système économique, juridique et racial a bouleversé, jusqu’à aujourd’hui, les sociétés concernées.

En 1840, la conquête de l’Algérie par le général Bugeaud a provoqué d’innombrables destructions et des morts par centaines de milliers. N’oublions pas les massacres du 8 Mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata, le bilan humain catastrophique de la dernière guerre d’Algérie et les massacres du 17 Octobre 1961 dans la capitale et la région parisienne. En Indochine, le conflit a fait des centaines de milliers de victimes », peut-on y lire.

Le texte s’attarde ensuite sur la conquête de l’Algérie. Il évoque « d’innombrables destructions et des morts par centaines de milliers » lors de la conquête menée notamment sous le commandement du général Bugeaud, avant de revenir sur les massacres du 8 Mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata, la Guerre de Libération algérienne et les massacres du 17 Octobre 1961 à Paris et dans sa région. L’Appel cite également l’Indochine, Madagascar, Haïti, l’Afrique, l’Asie, la Kanaky, la Polynésie française, les Antilles et la Guyane. Les signataires veulent ainsi inscrire la question coloniale dans une histoire globale de l’empire français. « Plus généralement, en Haïti, en Afrique, en Asie, en Kanaky, en Polynésie française, aux Antilles et en Guyane, dans les différentes possessions conquises avant puis après 1885, la France et l’Etat colonial ont fait la terrible démonstration qu’ils étaient prêts à tout pour défendre l’empire, hier et aujourd’hui encore», affirme le texte.

L’Appel élargit aussi la question coloniale aux conséquences environnementales. Il évoque les « nombreux “écocides” liés aux essais nucléaires, à l’extractivisme, à l’exploitation sans limite des terres » ainsi que l’utilisation du chlordécone dans les Antilles françaises.

Les héritages coloniaux

Les signataires prennent acte de la loi Taubira de 2001, qui reconnaît la traite négrière et l’esclavage comme des crimes contre l’humanité. Mais ils estiment que cette reconnaissance juridique n’a pas été accompagnée d’une politique de réparations à la hauteur des conséquences historiques et sociales de ces crimes. « Si la loi Taubira de 2001 a qualifié la traite et l’esclavage de crime contre l’humanité, elle n’a pas été suivie d’une politique de réparations alors que les conséquences de ce crime perdurent », écrivent-ils. « Quant aux multiples massacres, crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis dans de nombreuses colonies et au Cameroun, y compris après l’indépendance, aucune reconnaissance véritable n’a eu lieu », poursuit le texte.

Les signataires établissent un lien entre les héritages coloniaux et « les racismes et les politiques publiques liberticides et meurtrières dont sont victimes les exilé(e)s des Sud, les discriminations systémiques et les violences policières qui frappent les habitant racisés des quartiers populaires, et les héritiers des immigrations coloniales et postcoloniales ». Selon eux, les débats sur le passé colonial ne peuvent être dissociés des politiques actuelles relatives à l’immigration, aux quartiers populaires ou aux violences policières.

C’est justement l’un des objectifs affichés du futur Forum : réunir des organisations qui, jusqu’ici, peuvent agir sur des terrains différents sans nécessairement travailler ensemble. Le Forum imaginé par les signataires chercherait à créer un espace commun entre ces différentes approches. « Au regard de la gravité de cette situation politique, il est indispensable d’opposer un front commun aux extrêmes droites comme aux droites radicalisées, racistes, islamophobes et négrophobes, qui assassinent l’histoire et la mémoire du colonialisme à la propagande des médias du groupe Bolloré et à la criminalisation de la solidarité avec la Palestine », écrivent les signataires.

Les élections présidentielles de 2027 constituent, à cet égard, une échéance explicitement mentionnée. L’Appel propose « d’interpeller les candidats à l’élection présidentielle de 2027 » sur les questions de reconnaissance des crimes coloniaux, de restitutions, de réparations, de justice sociale et climatique et de transformation de l’espace public.

Parmi les signataires figurent notamment des historiens, comme Ludivine Bantigny, Sonia Combe, Franck Gaudichaud, Armelle Mabon, Pascale Pellerin ou Enzo Traverso ; des sociologues, tels que Saïd Bouamama, Eric Fassin, Christian de Montlibert, Aurore Koechlin, Willy Pelletier ou Tassadit Yacine ; des philosophes, comme Michaël Löwy, Isabelle Garo ou Christiane Vollaire ; des avocats, parmi lesquels Dalila Ahmedi, Alima Boumedienne ou Henri Braun, ainsi que des artistes, journalistes, syndicalistes et responsables associatifs.

On y retrouve également des associations de mémoire, des organisations antiracistes, des collectifs travaillant sur l’Algérie, le 17 Octobre 1961, les migrations, la Palestine, les luttes féministes ou encore les peuples autochtones. Parmi elles, figurent notamment l’Association 17 Octobre 1961 contre l’oubli, les Anciens appelés en Algérie contre la guerre, l’Association nationale des pieds-noirs progressistes et leurs amis, le Collectif national pour la reconnaissance des crimes coloniaux en Algérie, le collectif Mémoires en marche de Marseille, le comité Vérité et Justice pour Zakariyya, ainsi que plusieurs sections locales du Mrap.

Source : El Watan – 11/08/2026 https://elwatan.dz/plus-de-500-signatures-pour-un-forum-decolonial-appel-a-federer-les-luttes-sur-la-memoire-coloniale/

Grenoble – Contre l’hommage à Claude Piegts, militant OAS, assassin du commissaire Roger Gavoury 

Le Touvet. Mobilisation contre la cérémonie des nostalgiques fascistes de l’OAS – Travailleur alpin

Après l’interdiction signifiée par la préfecture de l’Isère en juin 2013 (arrêté du 31 mai 2013 « portant interdiction de tout rassemblement à caractère revendicatif aux abords et à l’intérieur du cimetière du Touvet durant la journée du 2 juin 2013»), les hommages au militant OAS Claude Piegts, au sein du cimetière du Touvet, ont repris depuis 2021, et le Collectif 17 octobre 1961- Isère (dont l’ANPNPA fait partie) a des raisons de croire qu’un nouvel hommage lui sera rendu début juin 2026.

Le Collectif 17 octobre 1961- Isère a donc adressé le courrier ci-après à la préfète de l’Isère, et a également alerté le maire du Touvet.