A propos du procès fait à Eva Joly après sa déclaration sur la situation faite aux Roms en 2013 et aux Pieds Noirs en 1962 – publié le 22/11/2013

Des organisations « nostalgériques », relayés par l’UMP, le FN, et jusqu’à un dirigeant socialiste (http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article5626), ont crié au scandale après les propos suivants tenus par Eva Joly :

« Si nous ne sommes pas capable d’intégrer quelques dizaines de milliers de Roms, alors que, en 62-63, nous avons intégré un million de Pieds-Noirs […] c’est que nous les considérons comme nos intouchables […] »

Doit-on voir dans ces propos que Mme Joly fait un amalgame, qu’elle assimile les Pieds Noirs et Harkis exilés hors de leur terre natale et se restituant en France, aux Roms fuyant leur terre natale et cherchant refuge ici ? Ou bien doit-on simplement lire que puisque la France avait entreprit et réussit l’insertion sociale des premiers, plusieurs centaines de milliers, elle avait la capacité de le faire pour les seconds, plusieurs milliers ?
Ben oui, la France aurait la capacité matérielle, mais ….. Voir à ce propos l’analyse de Yann Scioldo-Zürcher et François Nadiras, « Et si comparaison était raison », sur le site de la LDH de Toulon :

http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article5658?

Camus : penseur du réel, et non des idées ! une belle rencontre à L’isle-Jourdain. (publié le 31/8/2013)

Le Comité Midi Pyrénées de l’Association Nationale des Pieds Noirs Progressistes et leurs Amis (ANPNPA) récemment créé a réussi pleinement sa première manifestation, qui s’est déroulée en deux temps forts le dimanche 18 août 2013 à L’Isle-Jourdain dans le Gers.

80 participants, en présence de Jacques Pradel, président de l’ANPNPA et de Francis Pornon, écrivain intervenant, ont été invités à voir le film de Gianni Amelio « Le Premier Homme » tiré du roman posthume d’Albert Camus publié en 1994.

Avant la projection, Allain Lopez, secrétaire du Comité ANPNPA-Midi Pyrénées adresse les mots de bienvenue, tient à remercier au nom de l’Association Madame Le Souple qui a permis le partenariat avec le cinéma l’Olympia, précise que « ce film n’est pas une autobiographie de Camus : c’est l’histoire d’un homme qui, à 40 ans, revient sur son passé pour comprendre d’où il vient et qui il est ! ». Puis, il situe ainsi l’écrivain Camus, né en Algérie en 1913 : « Son œuvre aussi admirable que controversée soit-elle ne peut nous laisser indifférents. Universelles, la pensée et l’écriture de Camus sont passionnément arrimées à la terre d’Algérie. Ses admirateurs et ses amis l’ont « boudé » au lendemain de l’indépendance alors que la question nationale se négociait par les armes. Le reproche principal formulé contre Camus, homme de gauche, est bien celui-là : ne pas avoir senti, dans les années 1940, la montée inexorable du nationalisme algérien indépendantiste. Ce différent, sans avoir été apuré réellement à ce jour, a cependant enregistré, au cours des dernières années, un recul de la polémique, révélateur d’un apaisement des passions. En effet, on a vu revenir en force le nom de Camus sur les scènes culturelles de France et d’Algérie. » Puis place au film.

Après le film, un débat serein d’une demi-heure s’est engagé dans la salle. Il serait fastidieux de détailler ici toutes les questions posées et les réponses formulées tour à tour par J. Pradel et F. Pornon, écrivain ayant vécu en Algérie.

Elles ont porté sur les relations et interactions entre les intellectuels français et algériens pendant la guerre d’Algérie et l’influence de Camus ? Ce qui domine dans « l’esprit de Camus, c’est la question sociale, l’égalité républicaine, donc même une Algérie qui, enfin, se place dans un réel cadre républicain. Camus est l’homme d’un temps où la colonisation n’était pas, dans trop peu de cercles politiques français, appréhendée comme la négation de l’autre ». Ses multiples reportages le montrent, en 1939 ou en 1940, il reste attaché à combattre la misère sociale sans « voir » la revendication du droit à l’existence, à la souveraineté, d’une partie importante de la population algérienne musulmane !!

Son ambiguïté est révélée dans son « Appel pour une trêve civile en Algérie » qu’il propose en janvier 1956 ! Le discours de paix est entendu mais les « armes ne vontpas se taire ». C’est trop tard ! Autre question ; Le rôle des pieds noirs indépendantistes, des oubliés de

l’histoire ! Leur parole a été occultée par celle des ultras et leurs associations qui ont fait croire que tous les pieds noirs étaient pour l’Algérie française. Pourtant, une minorité non négligeable de Français d’Algérie ont pris le parti de l’indépendance à différents stades jusqu’à prendre les armes et, pour certains, mourir pour leur engagement. Comme Pierre Ghenassia- Maurice Laban- Raymonde Peschard- Roland Siméon- Georges Raffini- Henri Maillot et d’autres, morts au maquis ; comme Fernand Yveton ou Maurice Audin. Sans compter tant d’autres qui ne payèrent pas de leur vie leur engagement pour une Algérie nouvelle. Sans parler du centre d’internement de Lodi où se sont succédés des centaines d’Européens, enfermés de façon arbitraire de 1955 à 1960 ! Et de nous dire aussi que « les pieds-noirs ne sont pas un bloc monolithique et l’histoire est plus nuancée qu’on le pense » (Nathalie Funes, « Le camp de Lodi, 1954-1962 », Ed. Stock 2012).

Autre question, sur l’algérianité de Camus ! Les avis sont partagés. Camus l’Algérien ? Camus le Français ? Les deux intervenants s’accordent à dire que Camus est « un immense écrivain méditerranéen, qui fait partie du patrimoine culturel des deux rives » mais c’est surtout l’école algérienne qui peut en convaincre l’Algérie !

Camus pas mort se serait-il reconnu dans l’ANPNPA ? Oui, répond sans ambages J. Pradel car les valeurs transcrites dans la « Déclaration des membres fondateurs de l’ANPNPA » sont des valeurs que Camus défendaient, d’humanisme, de partage, de justice et de fraternité entre les peuples français et algérien pour un avenir commun à tous.

La soirée s’est poursuivie, et vers 21h le couscous de l’amitié, concocté par Rachida et son amie (comme là-bas avec viande d’agneau), était servi dans la salle du Lac de l’Isle Jourdain.

C’est avec la promesse de continuer des activités renouant des relations de fraternité franco-algérienne que cette soirée s’est achevée.

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NON à de nouveaux éloges de l’OAS ! (mis à jour le 5 juin 2013)

L’ANPNPA proteste contre l’annonce de nouveaux éloges de l’OAS à Aix en Provence et au Touvet (Isère), annoncé pour ce mois de juin 2013. Quand donc  cesseront ces tentatives de réhabilitation des tueurs de l’OAS ?
lire le communiqué sur ce lien.
Déjà des échos dans la presse algérienne :
http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/42078
http://www.elwatan.com/hebdo/france/les-nostalgeriques-ne-desarment-pas-04-06-2013-216189_155.php

 

« Ne nous racontez plus d’histoires ! » : un film en préparation. (publié le 20 mai 2013)

Il faut faire vite. Plus que 5  jours pour aider le projet du film documentaire « Ne nous racontez plus d’histoires ! »
« En Algérie, le guerre est un mythe qu’on ne peut remettre en cause. En France, une guerre des mémoires qui n’en finit pas. » Pour démêler tout ça, Carole Filiu et Ferhat Mouhali prennent leur caméra. Un documentaire à venir qui a besoin d’aide ! tous les détails sur ce lien :

http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/ne-nous-racontez-plus-d-histoires 

Une initiative de notre comité Midi-Pyrenées (publié le 7 avril 2013)

On travaille à Toulouse ! (et ailleurs aussi, bien sûr)
Elisa Pradel et Allain Lopez, respectivement Présidente et secrétaire du Comité Midi-Pyrennées de l’ANPNPA, ont fait paraître un article dans l’Humanité du 27 mars. A lire ci-dessous. (clic sur l’image pour l’agrandir)