La librairie antiraciste rassemble des livres engagés, des ressources pédagogiques et des ouvrages spécialisés pour explorer le racisme systémique, l’histoire coloniale, les études postcoloniales et les luttes contre les discriminations. Elle propose une sélection complète d’essais, de romans, de livres jeunesse, de témoignages et d’analyses approfondies pour comprendre les réalités du racisme et les transformations sociales à l’œuvre. Son objectif est de mettre à disposition un espace fiable et documenté pour toutes celles et ceux qui souhaitent s’informer, étudier ou approfondir les enjeux antiracistes.
Speed dating franco-algérien du court-métrage en Cévennes – 24, 25, 26/09/2026
Saint-Jean-du-Gard – 24, 25 et 26 septembre 2026
Festival de courts-métrages algériens produits en Algérie par des Algériens

3 jours – 6 prix – 24 court-métrages projetés
Projections hors les murs pour les lauréats
Un speed dating avec des producteurs et distributeurs ainsi que des masterclass’ et tables rondes auront lieu pendant le festival
Paris – Maghreb des livres – 27 et 28/06/2026
Le Maghreb des livres 2026 s’installe à l’Hôtel de Ville de Paris les 27 et 28 juin avec dédicaces, rencontres, débats et librairies. Entrée libre et gratuite.
Le Maghreb des livres revient pour sa 32e édition les samedi 27 et dimanche 28 juin 2026 dans les salons de l’Hôtel de Ville de Paris, dans le 4e arrondissement. Organisé par l’association Coup de soleil, en partenariat avec la Ville de Paris, ce rendez-vous littéraire en entrée libre met cette année les lettres tunisiennes à l’honneur, avec deux journées de dédicaces, rencontres, débats, cafés littéraires et librairies autour des écritures du Maghreb et de la Méditerranée.
Des librairies, des auteurs et des milliers d’ouvrages à l’Hôtel de Ville
Pendant deux jours, le Maghreb des livres propose de retrouver des milliers d’ouvrages : romans, essais, bandes dessinées, beaux livres et publications récentes.
Une grande librairie centrale est tenue par Le Tiers Mythe, tandis que la librairie jeunesse est assurée par L’Attrape-cœurs. La librairie Le Tiers-Monde d’Alger présente également une sélection d’ouvrages parus récemment en Algérie.
Le programme annonce aussi la présence de nombreux auteurs et autrices, parmi lesquels Yasmina Khadra, Maïssa Bey, Tahar Bekri, Hubert Haddad, Bertrand Badie, Mabrouck Rachedi, Arezki Metref, Colette Zytnicki, Hella Feki, Nassira El Moaddem, Benjamin Stora ou encore Hajar Bali ou Anouar Benmalek, selon la liste communiquée par l’organisation.
- Des ouvrages édités en France et au Maghreb ;
- Une grande librairie centrale et une librairie jeunesse ;
- Des rencontres avec des auteurs et autrices ;
- Des entretiens littéraires courts tout au long du week-end ;
- Des débats autour de la France, du Maghreb, de la Méditerranée et du vivre-ensemble.
Une programmation entre littérature, histoire et débats d’idées
La programmation du Maghreb des livres 2026 s’articule autour de plusieurs formats. Trente-deux entretiens d’auteurs, d’une durée de 15 minutes chacun, sont prévus sur les deux journées.
Le samedi 27 juin, des séquences sont notamment programmées avec Tassadit Yacine, Hella Feki, Inès Mghirbi, Yasmina Khadra, Nassira El Moaddem, Anouar Benmalek, Youness Bousenna, Bertrand Badie, Tahar Bekri, Colette Zytnicki, Lorraine Rossignol, Hajar Bali, Yamna Sahli, Beyrouk, Mabrouck Rachedi et Gilles Gauthier.
Le dimanche 28 juin, d’autres entretiens sont annoncés avec Rabeh Sebaa, Aïda Amara, Mohamed Sari, Amin Zaoui, Inam Bioud, Nazim Mekbel, Kébir-Mustapha Ammi, Asya Djoulait, Ramsès Kefi, Arezki Metref, Marion Fritsch, Frédéric Bobin, Christophe Ayad, Bertrand Le Gendre, Hajar Azell, Benjamin Badier et Omar Hammourit.
Le salon prévoit également seize débats répartis entre tables rondes, rencontres, hommages, cafés littéraires et cartes blanches. Les thèmes abordent notamment l’intégration, la démocratie tunisienne, le centenaire de l’Étoile Nord-Africaine, la littérature palestinienne en hommage à Leïla Shahid, la BD tunisienne, le centenaire de la Mosquée de Paris, les femmes et la société au Maghreb ou encore les exils.
Les lettres tunisiennes à l’honneur pour cette 32e édition
Pour cette édition 2026, les lettres tunisiennes occupent une place centrale dans le programme. Plusieurs rendez-vous abordent la création, l’actualité et les débats intellectuels liés à la Tunisie, dont une table ronde consacrée à la démocratie tunisienne et une rencontre autour de la BD tunisienne. Un hommage est également annoncé au poète tunisien Mohamed Ghozzi.
L’événement conserve aussi une dimension plus large, en réunissant des voix venues ou issues d’Algérie, du Maroc, de Tunisie et d’autres horizons méditerranéens. Les échanges prévus croisent littérature, sciences humaines, histoire, mémoire, spiritualité, société et enjeux contemporains.
Un salon littéraire dans les salons de l’Hôtel de Ville de Paris
Le cadre du salon de l’Hôtel de Ville de Paris donne à l’événement une dimension centrale et facilement accessible, à proximité du Marais, de la Seine et du cœur historique de la capitale.
Entrée par le 3 rue de Lobau, Paris 4e, avec un accès indiqué par le métro Hôtel de Ville, lignes 1 et 11.
Le Maghreb des livres est ouvert les samedi 27 juin de 12h à 20h et dimanche 28 juin de 11h à 19h.
Programme



Paris – La résistance en héritage – Hommage à Lounès Matoub – 28/06/2026 – 16h

28 ans après l’assassinat de Lounès Matoub, figure majeure de la chanson kabyle engagée, son œuvre et son parcours continuent d’adresser un message de liberté, de dignité et de résistance.
Nadia Matoub avec le Réseau Culturel Franco-Berbère vous invitent à un moment de mémoire, de culture et de transmission le 28 juin 2026 à 16h00 au théâtre La Bruyère (5, rue de la Bruyère – 75009 Paris)
Cette journée hommage se décline en trois temps forts
Théâtre
Cellule 204 – La Voix du Rebelle en écho
De Massinissa Hadbi et Amar Benhamouche
Une œuvre scénique retraçant les tourments d’un peuple, sublimée par la voix du Rebelle.
Concert hommage
Avec la participation de Smail Kessay, Cécile Barache, Lounès Ghassouli, Agour Sarahoui et Sadek Yousfi qui interpréteront des chansons du riche répertoire de Lounès Matoub.
Exposition
Une exposition de caricatures signée Ghilas Aïnouche, consacrée à la mémoire de Lounès Matoub ainsi qu’à la dénonciation de l’oppression et des injustices.
Un rendez-vous culturel et mémoriel pour honorer la voix d’un poète rebelle, dont le testament continue d’appeler à la vigilance, à la résistance et à la défense inlassable de la liberté.
Lien de réservation : https://my.weezevent.com/lounesmatoub
Source : Réseau culturel franco-berbère https://cbf.fr/la-resistance-en-heritage-hommage-a-lounes-matoub/
Paris, Père-Lachaise – Cérémonie d’hommage à Maurice Audin – 11/06/2026 -15h
Communiqué de l’Association Josette et Maurice Audin (JMA)
Comme chaque année, nous nous réunirons au cimetière du Père-Lachaise, autour du cénotaphe dédié à
Maurice Audin, pour commémorer son enlèvement à son domicile à Alger, le 11 juin 1957, par les militaires
français, qui le soumirent à la torture et l’assassinèrent.
Rendez-vous jeudi 11 juin 2026 à 15 heures, à l’entrée du cimetière, 71 rue des Rondeaux, Paris 20e
Sur le chemin du cénotaphe, nous passerons par le Jardin du Souvenir, où ont été dispersées les cendres de
Josette Audin, décédée le 2 février 2019, après avoir bataillé sans relâche pendant plus de 62 ans pour que
toute la lumière soit faite sur « l’affaire Audin » et les innombrables exactions similaires commises à l’époque au nom de l’État, en Algérie comme en France.
Ce 11 juin 2026 est particulier : les trois enfants de Josette et Maurice Audin ont maintenant disparu. Michèle nous a hélas quittés en novembre dernier. C’est à toute la famille que nous rendons hommage, et à la génération suivante que nous témoignons de notre amitié.
La famille Audin et toutes celles et ceux qui la soutenaient auront pu savourer un premier aboutissement de
leur lutte le 13 septembre 2018. Ce jour-là, le président de la République s’était déplacé en personne au
domicile de Josette Audin. Il y avait reconnu la responsabilité de l’État français dans la mort de Maurice
Audin, rendue possible « par un système légalement institué qui a favorisé les disparitions et permis la torture à des fins politiques ». Il avait ajouté que « nombre de familles perdent la trace d’un des leurs cette année-là » et que « les « disparitions » […] se comptent bientôt par milliers ».
L’Association Josette et Maurice Audin a toutes les raisons de poursuivre son action. L’histoire coloniale ne
cesse de hanter les relations entre la France et l’Algérie. En France, l’ignorance ou la méconnaissance de cette histoire permet une instrumentalisation politique que nous condamnons. Les circonstances exactes et le lieu de la disparition de Maurice Audin ne sont toujours pas connus, pas plus que ceux des nombreux combattants pour l’indépendance de l’Algérie et des civils disparus comme lui entre les mains des militaires. « La libre consultation de tous les fonds d’archives de l’État qui concernent ce sujet », promise par Emmanuel Macron, est encore loin d’être acquise. Le travail des historiens reste très difficile, parfois impossible. Le libre accès aux archives demeure un de nos objectifs essentiels.
Conjointement à son action pour perpétuer la mémoire de Maurice Audin, de sa femme et de ses trois enfants, l’AJMA participe pleinement au combat pour les libertés, au premier rang desquelles la liberté d’expression.
Ce combat est résolument tourné vers l’avenir et se concrétise par les nombreux projets de coopération,
mémoriels, culturels et scientifiques, initiés ou soutenus par l’AJMA. Ils s’adressent particulièrement à la
jeunesse, des deux côtés de la Méditerranée. Le Prix Audin de mathématiques en est un exemple
emblématique. Les lauréats pour l’édition 2026 devraient être connus dans le courant du mois de novembre.
L’actualité de ces derniers mois nous permet d’espérer une détente dans les relations franco-algériennes et une relance de la coopération entre les deux pays, pour laquelle l’AJMA continuera d’agir avec détermination.
Paris, le 28 mai 2026
AJMA, c/o Ligue des Droits de L’Homme, 138 rue Marcadet, 75018 Paris contact@association-audin.fr @Asso_Audin
https://www.association-audin.fr
Perpignan – Marche pour le Sahara occidental libre – 30/05/2026 + Ciné-débat – 05/06/2026
Paris, Nation – Ciné-débat « Les balles du 14 juillet 1953 » – 29/05/2026 – 18h30
Exposition IMA (jusqu’au 19/07/2026) – Les mémoires occultées des esclavages en Méditerranée – Ludovic Lamant
Au moment où la France célèbre les 25 ans de la loi Taubira, l’Institut du monde arabe consacre la première exposition française d’ampleur à l’esclavage méditerranéen, un phénomène moins identifié que la traite transatlantique, et dont les traces persistent dans de nombreux ports d’Europe.
À l’été 2020, des activistes du mouvement Black Lives Matter en Italie ont protesté devant une sculpture du port toscan de Livourne. Ce monument met en scène, placés aux pieds du grand-duc Ferdinand Ier, quatre prisonniers enchaînés, dont l’un porte les traits d’un modèle bien identifié, qui fut un esclave noir venu d’Alger.
Pour l’historien M’hamed Oualdi, professeur à Sciences Po, ces militant·es antiracistes se sont trompé·es de cible. Ils et elles y ont vu une expression de la négrophobie en vogue en Europe, dans le contexte de la traite transatlantique. Mais ce monument, baptisé Quattro Mori (« quatre Maures », en français), s’il célèbre bien l’asservissement d’esclaves, raconte une autre histoire. Il permettait au dirigeant toscan de « montrer sa puissance à ses ennemis, les sultans ottomans et autres souverains musulmans régnant en Méditerranée, quelle que soit leur couleur de peau », relève l’universitaire dans un article de la revue L’Histoire.
Les Quattro Mori ne renvoient pas aux siècles de déportation d’Africain·es réduit·es en esclavage vers les Caraïbes et les Amériques, mais à une réalité moins connue et peu représentée : celle des esclavages méditerranéens. Celle-ci fait l’objet d’une exposition importante à l’Institut du monde arabe (IMA) à Paris, jusqu’à juillet, qui s’ouvre sur une salle consacrée au monument controversé de Livourne.

Dans un paysage muséal français toujours frileux à l’heure d’évoquer les esclavages (il faut remonter à 2022 pour la dernière grande exposition en date, avec « L’Abîme », à Nantes, centrée, elle, sur les effets de la traite transatlantique dans le port de Loire-Atlantique), c’est un événement. Même si le projet, financé sur des fonds européens, aurait sans doute mérité davantage de moyens pour aborder ce sujet si peu traité.
Restitution très frontale
Notre imaginaire de l’esclavage, nourri des récits états-uniens, oppose des personnes noires réduites en esclavage à des maîtres blancs. L’étude du monde méditerranéen oblige à tout revoir : « Tout un chacun – chrétien, juif, musulman, païen – peut être capturé par des corsaires chrétiens ou musulmans », assure M’hamed Oualdi, qui précise : « Peu importe la couleur de peau, pour peu que ces populations soient embarquées sur un navire ennemi saisi par des corsaires. »
Si l’on estime qu’au moins 12 millions de personnes ont été capturées en Afrique, dans le cadre de la traite transatlantique, du XVIe au XVIIIe siècle, les esclavages méditerranéens ont impliqué entre 2 et 3 millions d’individus sur la même période, selon des calculs, forcément fragiles, d’historien·nes.
La plupart d’entre eux furent des hommes, capturés par des corsaires, en haute mer ou lors de razzias sur les côtes. Esclaves chrétiens dans le nord de l’Afrique ou captifs musulmans dans le sud de l’Europe, beaucoup furent condamnés à ramer enchaînés sur les galères ou à effectuer d’autres travaux forcés. À la différence de la traite transatlantique, certains parvinrent à rester en contact avec leur foyer d’origine, certains, même, à être rachetés et à retrouver leur liberté (même si ce n’est presque jamais le cas pour des personnes noires).
À l’Institut du monde arabe, certaines œuvres restituent cette présence d’esclaves de manière très frontale, à l’instar d’un tableau grand format de l’Italien Alessandro Magnasco, d’ordinaire accroché aux Beaux-Arts de Bordeaux. C’est une scène du port de Gênes, où des prisonniers se font raser la tête avant d’être embarqués sur des galères. Ceux qui les tondent sont des « Turcs », des musulmans eux-mêmes réduits en esclavage, que l’on reconnaît à leur crâne rasé surmonté d’un toupet.

Mais ces pièces sont rares. Pour le reste, comme souvent pour des expositions historiques sur l’esclavage, il faut déshabituer son œil, scruter les arrière-plans, remarquer la couleur d’une peau un peu plus foncée. Ici, deux esclaves, l’un turc, l’autre maure, s’activent sur la galère d’apparat de laquelle sort la reine, Marie de Médicis, à son arrivée à Marseille, à l’extrémité d’un tableau de Rubens, repris sous la forme d’une gravure dans l’exposition. Plus loin, on en est réduit aux hypothèses : une femme noire qui semble être une domestique, à l’arrière-plan d’une autre toile de maître, pourrait être, elle aussi, réduite en esclavage.
Symétrie des esclavages
L’un des partis pris de l’exposition parisienne est d’insister sur l’une des grandes spécificités de cet esclavage : la symétrie de la violence de part et d’autre des deux rives. Au fil des salles, les pratiques des ports de Livourne, de Marseille ou de La Valette, à Malte, sont documentées de paire avec celles d’Alger ou de Tunis.
D’un point de vue politique, cette approche en miroir est décisive. Car certaines voix d’extrême droite ont pu instrumentaliser la seule pratique de l’esclavage des chrétien·nes au Maghreb, à partir de leur lecture du classique de Robert C. Davis, Esclaves chrétiens, maîtres musulmans. L’esclavage blanc en Méditerranée (1500-1800) – publié en 2003 aux États-Unis, et en français en 2006. Elles en ont parfois parlé comme d’un « tabou » dans les mondes musulmans, qui seraient rétifs à discuter de cette histoire, préférant se concentrer sur les horreurs de la traite transatlantique.
« Le phénomène est symétrique des deux côtés de la Méditerranée, même si la connaissance du phénomène ne l’est pas, précise à Mediapart M’hamed Oualdi. Nous disposons de davantage d’archives et de récits de captivité d’un côté [celui des chrétien·nes au Maghreb – ndlr] que de l’autre. Mais l’exposition essaie tout de même de tenir les deux côtés. Il va sans dire que cela fragilise nombre de récits suprémacistes et identitaristes, qui ne voient pas que les deux côtés ont été asservis. »
L’exposition dialogue d’ailleurs avec la publication concomitante, chez Anacharsis, d’un récit de captivité : Antoine Quartier, né en Bourgogne en 1632, s’était fait capturer au large de la Crète en 1660, avant d’être racheté à Tripoli, puis libéré grâce à une rançon huit ans plus tard. Dans ce texte, il décrit sa détention et les travaux forcés dans la cité libyenne, qui était, avec Alger et Tunis, l’une des « régences » dites « barbaresques », ce terme péjoratif pour signifier les provinces d’Afrique du Nord d’où partaient des corsaires pirates.
Parmi les découvertes à l’IMA, une grande esquisse de Charles Le Brun, peintre de Louis XIV, représentant un esclave « turc » qui devait orner un escalier de Versailles – escalier qui fut détruit en 1752. L’œuvre imposante est prêtée, comme d’autres dans le parcours, par le Louvre, et l’on sort de l’Institut du monde arabe en espérant que le plus grand musée français daigne enfin s’emparer du sujet de l’esclavage pour monter une exposition – dans les années à venir ?
*
- L’exposition « Esclaves en Méditerranée, XVIIe-XVIIIe siècle » est visible gratuitement à l’Institut du monde arabe à Paris, jusqu’au 19 juillet 2026.
- Tripoli. Tribulations et aventures d’un captif dans une cité corsaire, d’Antoine Quartier,Anacharsis, 256 pages, 23 euros, mars 2026. Chez le même éditeur, Gillian Weiss, l’une des quatre commissaires de l’exposition à l’IMA, a publié, en 2014, Captifs et corsaires. L’identité française et l’esclavage en Méditerranée (416 pages, 27 euros).
Source : Mediapart – 02/05/2026 https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/020526/les-memoires-occultees-des-esclavages-en-mediterranee
Rencontre de HCO : le Front Populaire, la gauche et la question coloniale. En visio le 30/04/2026- 18h30-20h
Quel a été le rapport de la gauche française au pouvoir en 1936 avec la question coloniale ? Inscrivez vous à la Rencontre HCO avec Ludivine Bantigny et Gilles Candar.
Ludivine Bantigny, historienne et autrice notamment du livre La Bourse ou la vie. Le Front populaire, histoire pour aujourd’hui (2026) – voir ici – , débattra avec Gilles Candar, historien spécialiste du socialisme et de l’histoire des gauches, sur le rapport de la gauche française avec la question coloniale du XIXème siècle jusqu’à aujourd’hui, et particulièrement pendant le Front populaire, dont on commémore cette année le 90e anniversaire.
Inscrivez vous ici pour assister à la rencontre et pour échanger avec les intervenants
Une question à débattre : la gauche française et les colonies
par Gilles Manceron
C’est la Première République qui a mis fin lors de la Révolution à l’empire colonial construit sous l’Ancien régime. Et c’est le Consulat, l’Empire et les régimes monarchiques qui ont suivi qui ont relancé la France dans la pratique de la traite négrière, de l’esclavage et des conquêtes coloniales. L’esclavage s’est développé de nouveau après le Congrès de Vienne de 1815 qui était censé avoir aboli la traite négrière, en particulier à partir de Nantes et d’autres ports de l’Atlantique. Les mots « esclave » et « esclavage » ont été employés dans les premières publications socialistes, mais c’était – comme dans le poème d’Eugène Pottier dont le texte a donné les paroles de l’Internationale : « foule esclave, debout, debout !… » – c’était au titre d’allégorie pour dénoncer surtout implicitement la condition intolérable du prolétariat d’Europe. Ceux qui se sont opposés à la traite et à l’esclavage des personnes enlevées en Afrique et soumises à la domination de l’économie de plantation ou à l’esclavage domestique dans les possessions coloniales françaises appartenaient rarement aux associations socialistes qui précédaient la fondation de la Première internationale (1864). Ils faisaient partie, pour la plupart, de sociétés de pensée humanistes ou religieuses, comme, sous la Monarchie de Juillet (1830-1848), la « Société de la morale chrétienne », d’inspiration protestante.
Par ailleurs, sous la Deuxième République, le rattachement de l’Algérie au territoire de la France sous la forme de trois département dotés de lois particulières a représenté une relance de ce processus. Et la colonisation française s’est poursuivi sous le Second Empire, du Mexique à la Cochinchine, en passant par les îles du Pacifique, sans que les publications socialistes lui consacrent, ni une part importante ni une condamnation toujours explicite. La « liberté des peuples » proclamée dans toute l’Europe en 1848 avait tendance à signifier la « liberté des peuples… européens ».
Quand la Troisième République a été ensuite proclamée, les républicains se sont interrogés sur l’opportunité de poursuivre ces conquêtes. L’année 1885 a été l’occasion de deux importants débats parlementaires à propos des crédits demandés par le gouvernement pour les interventions au Tonkin et à Madagascar, défendus en particulier par Jules Ferry. Une partie importante des républicains et de la gauche n’y était pas favorable, même si, lors des votes, ce sont sont les partisans de l’expansion coloniale et de l’œuvre civilisatrice de la colonisation qui l’ont emporté.
Lors de la guerre entre la Russie et le Japon de 1904 et 1905, les socialistes d’Europe se sont divisés : mais l’enjeu de cette guerre, à savoir la domination coloniale sur la Corée, n’était pas leur préoccupation principale.
Après la Grande guerre européenne, le courant communiste en France autour du PCF, suivant l’exemple de l’Union soviétique, a dénoncé l’impérialisme européen, en particulier lors de la Guerre du Rif (1925). Mais a-t-il suscité sur ce point, en France, l’adhésion de l’opinion populaire, vers laquelle il se développait il est vrai une importante propagande favorable à l’œuvre coloniale ? Lors de la grande exposition coloniale de 1931 à Paris, les critiques à l’égard de la colonisation ont émané surtout de milieux artistiques ou d’intellectuels qui n’étaient pas tous communistes. Et, à partir de 1935, l’URSS a mis en veilleuse sa dénonciation des empires coloniaux.
Cette page coloniale de notre histoire et la dénonciation du colonialisme qui n’a pas toujours été présente dans les milieux du socialisme français pendant son premier siècle d’histoire pèsent sur les positions de la gauche française quant à la politique coloniale du Front populaire.
Comment se fait-il que l’Etoile Nord-Africaine, fondée en 1926 et qui portait les premières revendications à l’indépendance, et qui a rallié le Rassemblement populaire formé en France « pour la paix, la pain et la liberté » à l’origine du gouvernement de Front populaire, a été ensuite dissoute en janvier 1937 par un décret du ministère de l’Intérieur de ce même gouvernement ?
Le problème doit être posé. En faisant retour sur le Front populaire dont c’est, en 2026, le 90ème anniversaire, les participants à ce débat s’interrogeront sur cette difficulté de la gauche française et de l’essentiel des courants issus du socialisme et du mouvement ouvrier depuis son origine à faire preuve d’un réel universalisme dans la dénonciation des politiques coloniales. Ludivine Bantigny et Gilles Candar seront interrogés par Gilles Manceron, auteur de Marianne et les colonies (La Découverte, 2003) et de « la gauche et la colonisation » in Jean-Jacques Becker et Gilles Candar, Histoire des gauches en France (La Découverte, 2005). L’historien Alain Ruscio, spécialiste du fait colonial et du mouvement communiste, interviendra également.
Source : Histoire coloniale et postcoloniale – Edition du 15avril au 1er mai https://histoirecoloniale.net/rencontre-de-hco-le-front-populaire-la-gauche-et-la-question-coloniale-jeudi-30-avril-de-18h30-a-20h-en-visio/
Paris- Centenaire de l’Étoile Nord-Africaine – 25/04/2026

Entre histoire et enjeux politiques contemporains
À l’occasion des 100 ans de la création de l’Étoile Nord-Africaine, un colloque se tiendra le 25 avril 2026 à Paris. Chercheurs, acteurs associatifs et témoins y analyseront le rôle fondateur de cette organisation dans l’émergence du nationalisme en Afrique du Nord, ainsi que les résonances contemporaines de cet héritage.
Cent ans après sa création, l’Étoile Nord-Africaine apparaît comme une matrice essentielle des mouvements politiques qui émergent dans les pays d’Afrique du Nord durant la période coloniale. Première organisation structurée à porter des revendications politiques articulées, elle marque une rupture dans l’histoire des mobilisations issues de ces territoires, en liant lutte sociale, émancipation politique et affirmation nationale.
Le colloque organisé à Paris propose de revisiter cette trajectoire en croisant approches historiques et lectures contemporaines. À travers plusieurs tables rondes, la journée mettra en lumière les continuités entre les premières formes d’organisation des années 1920 et les processus qui conduiront aux luttes pour l’indépendance, tout en interrogeant les formes d’engagement politique qui en héritent aujourd’hui.
L’événement est organisé par le Groupe de Réflexion sur l’Algérie, le GRAL, et Beur FM, en partenariat avec l’Institut Tribune Socialiste, et le média Histoire coloniale et postcoloniale. Il s’inscrit dans une volonté de rendre visibles des pans d’histoire encore insuffisamment reconnus dans l’espace public.
Au-delà de l’histoire, ce colloque pose des questions profondément actuelles : celles de la reconnaissance des héritages coloniaux, de la place des mémoires issues de l’immigration dans les récits nationaux, et des formes contemporaines d’engagement politique héritées de ces trajectoires. Dans un contexte où les débats sur l’histoire coloniale, l’identité et la mémoire traversent nos sociétés, cette initiative entend contribuer à un débat public éclairé et exigeant.
En réunissant chercheurs, acteurs associatifs et témoins, les organisateurs souhaitent faire de cette rencontre un moment à la fois scientifique et citoyen, où l’histoire éclaire les enjeux du présent en Afrique du Nord et plus largement en Méditerranée.
Date : Samedi 25 avril 2026
Horaire : de 14h00 à 17h30
Lieu : Bourse du Travail – 29 boulevard du Temple, Paris
Programme
13h30 – Accueil des participants
13h45 – Ouverture du colloque : prises de parole introductives (15 minutes)
Lyazid Benhami, président du Groupe de Réflexion sur l’Algérie,
Nacer Kettane, président fondateur de Beur FM,
Marc Mangenot, membre de l’Institut Tribune Socialiste,
14h00 – L’Étoile Nord-Africaine : genèse et naissance du nationalisme en Afrique du Nord (1h 30)
Modérateur : Nacer Kettane
Nedjib Sidi Moussa, historien,
Nadia Henni-Moulaï, auteure,
Alain Ruscio, historien,
Aïssa Kadri, sociologue,
Echanges avec la salle (30 minutes)
15h00 – De l’Étoile Nord-Africaine au 1er novembre 1954 : trajectoires et recompositions politiques (1h)
Modérateur : Lyazid Benhami
Alain Bocquet, archiviste,
Gilles Manceron, historien,
Echanges avec la salle (30 minutes)
16h30 – Archives, témoignages et mémoire vivante (30 minutes)
Modératrice : Soad Baba Aïssa
→ Khelifa Mouterfi, transmission de mémoire militante,
→ Patrick Radjef, engagement dans la mémoire historique,
→ Amis de Tunisie et du Maroc, témoignages collectifs sur les luttes de solidarité maghrébines.
17h50 – Vision méditerranéenne et résonances contemporaines (50 minutes)
→ Claude Germon, ancien rédacteur en chef du journal Le Peuple, CGT, Paris,
→ Nacer Kettane,
→ Marc Mangenot,
→ Nicolas Bouchouicha, responsable syndical CGT Paris,
Héritages et perspectives par Nacer Kettane et Lyazid Benhami
- Synthèse des débats
- Perspectives contemporaines
- Ouverture sur une dynamique méditerranéenne commune
Échanges avec la salle – 10 minutes.














