L’ANPNPA était présente à cette manifestation représentée par notre président, Jacques Pradel

Pour sa première édition, le Y.S. Festival a mis à l’honneur 23 courts-métrages algériens, dont 18 en compétition. Au terme de trois jours de projections, deux films se partagent les six prix décernés par le festival : « Taezrit », de Kaouther Dernouni, et « The Moped and the Goldfinch », d’Amir Bensaifi.

En bref

  • 23 courts-métrages algériens ont été présentés lors de la première édition.
  • 18 films étaient en compétition.
  • « Taezrit » de Kaouther Dernouni a remporté trois prix.
  • « The Moped and the Goldfinch » d’Amir Bensaifi a également obtenu trois distinctions.
  • Le festival a associé projections, rencontres professionnelles et échanges entre acteurs algériens et français.

Du 24 au 26 septembre, la salle Stevenson de Saint-Jean-du-Gard (30) s’est transformée en vitrine du cinéma algérien contemporain.

Parmi les films présentés, « Taezrit », de Kaouther Dernouni, a particulièrement retenu l’attention. Le documentaire suit Habiba, une femme chaouie originaire de Ghassira, dans les Aurès, et explore à travers son quotidien le rapport à la terre et une mémoire collective longtemps éloignée des récits officiels.

Le film a trouvé un écho auprès de plusieurs publics. « Taezrit » a ainsi remporté le prix du public, celui du meilleur documentaire et le prix des lycéens. Trois distinctions qui viennent consacrer à la fois son inscription dans le réel et la réception qu’elle a rencontrée auprès des spectateurs.

Autre film à s’être distingué, « The Moped and the Goldfinch », d’Amir Bensaifi, suit Moufida, une jeune femme qui traverse l’Algérie à mobylette pour rejoindre son amoureux malade à Alger. Sur sa route, elle se retrouve confrontée à l’auteur de sa propre histoire.

La fiction décroche elle aussi trois distinctions : le prix de la meilleure fiction, le prix du regard des femmes et une mention spéciale.

À eux deux, les deux films se partagent donc l’intégralité des six prix de cette première édition. Deux regards et deux genres différents, qui donnent aussi un aperçu de la diversité du cinéma algérien défendue par le festival.

Deux rives, une même pellicule

Mais le Y.S. Festival ne voulait pas s’arrêter aux projections. Le vendredi, réalisateurs, producteurs et distributeurs algériens et français se sont retrouvés autour de pitchs, d’une table ronde et de rencontres professionnelles.

L’objectif : favoriser les échanges entre les deux pays et, pourquoi pas, faire naître de futures collaborations et coproductions.

« Ce n’est pas un partenariat entre deux États, mais entre deux structures privées », rappelait Aghiles Rebrab, fondateur de Gemini Production et coorganisateur du festival.

Ces rencontres professionnelles prolongeaient ainsi les échanges noués autour des films, avec la volonté de faire circuler les œuvres, mais aussi les auteurs, les producteurs et les projets entre les deux rives.

Photo : DR

Une histoire intime derrière les images

Derrière le festival, il y a aussi une histoire intime. Née en 1968 et adoptée à dix mois, Nathalie Dunoir découvre à 50 ans que son père biologique est algérien. Après des années de recherche, elle retrouve le prénom de sa mère, Marcelle, celui de son père, Mohammed, ainsi qu’une partie de sa famille.

En 2022, elle se rend pour la première fois en Algérie et se recueille sur la tombe de son père. « Je suis fière d’être française et algérienne. Ces deux identités cohabitent en moi », expliquait-elle au Courrier de l’Atlas en 2025.

De cette quête naît l’association Marcelle & Mohammed, puis l’idée du festival. Son ambition : créer des ponts entre les deux rives à travers la culture, et notamment le cinéma.

« Le festival est né de cette envie-là : faire dialoguer deux cultures qui cohabitent désormais en moi », ajoutait Nathalie Dunoir avant l’ouverture de l’événement.

Photo : DR

Quand un sigle devient un hommage

Les initiales Y.S. rendent hommage à Yann Sinic, auteur et réalisateur disparu en 2024 et proche de Nathalie Dunoir. Ses œuvres avaient notamment été diffusées sur Arte, France Télévisions et la RTBF.

Le cinéaste devait également collaborer avec Aghiles Rebrab sur un projet franco-algérien. Sa disparition a transformé cette collaboration en hommage. « Je ne pouvais pas le laisser partir comme ça. C’était mon meilleur pote », confiait Nathalie Dunoir.

Pour cette première édition, des habitants ont hébergé des cinéastes algériens, tandis qu’associations, écoles et acteurs culturels locaux ont participé à l’événement. Une manière de faire du festival un rendez-vous autant humain que cinématographique.

Ce samedi, « Je est une Autre », de Walid Sahraoui, a clôturé les trois jours de projections.

Une première édition déjà tournée vers la suite. Nathalie Dunoir l’assure : « Il y aura une saison 2, une saison 3, une saison 4 », promet-elle déterminée.

Source : Le Courrier de l’Atlas – 28/09/2026 https://www.lecourrierdelatlas.com/ys-festival-cinema-algerien-saint-jean-du-gard/