L’ ambassade américaine à Madrid a accueilli une rencontre diplomatique de haut niveau consacrée au conflit du Sahara occidental. Cette réunion a rassemblé le Maroc et le Front Polisario en tant que parties directement concernées par le différend, ainsi que l’Algérie et la Mauritanie en qualité d’observateurs.

Le médiateur personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, y a également pris part, dans le cadre d’une initiative conduite par Washington visant à relancer le processus en vue d’un règlement définitif du conflit.

Selon le quotidien espagnol El Confidencial, la réunion s’est tenue à la résidence de l’ambassadeur américain à Madrid dans la plus grande discrétion. Aucun communiqué officiel n’a été publié et aucune image des participants n’a été autorisée.

Le grand conseiller des Etats-Unis pour les affaires arabes et africaines, Massad Boulos, a réagi aux discussions tenues à Madrid concernant le dossier du Sahara occidental. Dans un message publié sur la plateforme X, il a affirmé que «sous la direction du président Donald Trump, les Etats-Unis demeurent engagés en faveur d’une solution juste, durable et acceptable par toutes les parties, capable de promouvoir une paix pérenne et un avenir meilleur pour l’ensemble de la région».

Un responsable sahraoui cité par un média affirme que les parties sont tombées d’accord sur la formation d’un «comité technique» composé «d’experts juridiques et d’hommes politiques internationaux» pour discuter d’un accord-cadre, dont la signature pourrait intervenir au mois de mai à Washington.

Sans être une partie prenante, l’Algérie garde une approche constante depuis l’inscription de la question sahraouie à l’ONU. Pour elle, le conflit du Sahara occidental ne saurait être réduit à un différend régional ou à une problématique bilatérale. Il s’agit d’un processus de décolonisation inachevé, régi par des normes juridiques impératives du droit international. Le Sahara occidental demeure inscrit sur la liste des territoires non autonomes des Nations unies depuis 1963. L’avis consultatif de la Cour internationale de justice de 1975 a clairement établi l’absence de tout lien de souveraineté territoriale entre le territoire et le Maroc, consacrant sans ambiguïté le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.

Ce cadre juridique n’a jamais été remis en cause par aucun organe compétent de l’ONU. La Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental a été créée précisément pour permettre l’exercice de ce droit. Le blocage de ce processus, imputable au refus marocain de s’y conformer, constitue une violation manifeste du principe de bonne foi et un précédent dangereux pour l’ordre international fondé sur le droit.

A cela s’ajoute une jurisprudence européenne constante affirmant que le Sahara occidental est un territoire distinct et séparé du Maroc, et que toute exploitation de ses ressources naturelles requiert le consentement du peuple sahraoui, représenté par le Front Polisario.

Le Sahara occidental et le droit international
L’arsenal juridique encadrant la question du Sahara Occidental repose sur des piliers fondamentaux que l’Algérie et le Front Polisario ne cessent de rappeler face aux tentatives de normalisation du fait accompli. Dès 1960, la résolution 1514 de l’Assemblée générale de l’ONU, connue sous le nom de «Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux», a établi le socle du droit à l’autodétermination. Ce principe a été réaffirmé de manière décisive en 1975 par l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice, qui a conclu à l’absence de tout lien de souveraineté territoriale entre le Sahara Occidental et le Maroc, confirmant ainsi le statut du territoire comme entité non autonome devant faire l’objet d’un processus de décolonisation. Le tournant majeur de cette chronologie reste la création de la MINURSO par la résolution 690 du Conseil de sécurité en 1991. Cette mission n’a pas été conçue comme un simple outil de maintien de la paix, mais avec l’objectif explicite d’organiser un «référendum libre et équitable» permettant au peuple sahraoui de choisir son destin politique. Depuis lors, bien que le processus référendaire soit entravé par des blocages politiques, l’ONU continue officiellement de considérer le Sahara Occidental comme un territoire dont le statut final reste à définir.

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Boughali réaffirme la position constante de l’Algérie
Le président de l’Assemblée populaire nationale (APN), Brahim Boughali, a reçu, hier au siège de l’assemblée, l’ambassadeur de la République arabe sahraouie démocratique en Algérie, M. Khatri Adouh Khatri, indique un communiqué de cette instance parlementaire. A cette occasion, les deux parties ont évoqué «les relations fraternelles unissant les deux peuples frères, ainsi que les voies et moyens de renforcer la coopération et la coordination entre les deux institutions législatives, au service des causes communes et du renforcement de la solidarité entre les peuples». M. Boughali a, par ailleurs, réaffirmé «la position constante de l’Algérie en faveur du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, conformément à la légalité internationale et aux résolutions pertinentes des Nations unies». De son côté, l’ambassadeur sahraoui a salué «le rôle joué par l’APN à travers la diplomatie parlementaire, notamment dans la défense des causes justes». Il a, également, souligné que «le Parlement sahraoui s’inspire et tire grandement profit de l’expérience algérienne, en particulier dans le domaine de la législation et du développement du système juridique». R. N.

El DJEïCH : «Le peuple sahraoui demeure fermement attaché à sa cause légitime»
A l’occasion du cinquantième anniversaire de la proclamation de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), célébrée le 27 février 2026, la cause sahraouie continue de bénéficier d’un soutien international croissant. Depuis sa création, le peuple sahraoui poursuit avec détermination sa lutte pour recouvrer son indépendance et mettre fin à l’occupation marocaine de ses territoires. Dans son dernier numéro, la revue El Djeïch a consacré un dossier à cet événement : « après plus de cinq décennies de lutte, le peuple sahraoui demeure fermement attaché à sa cause légitime et poursuit son combat par tous les moyens afin d’arracher son droit inaliénable à l’indépendance et à l’autodétermination». Entre victoires juridiques et résistance de terrain, le dossier du Sahara occidental entre dans une phase décisive. Depuis un demi-siècle, la RASD a parcouru un chemin jalonné de défis immenses. Née dans le sillage de la décolonisation, elle fait face décennie après décennie, à une occupation marocaine qui tente, par la force et le fait accompli, d’effacer l’identité d’un peuple. R. N.

Source : El Watan – 11/02/2026 https://elwatan.dz/rencontre-diplomatique-de-madrid-sur-le-sahara-occidental-le-peuple-sahraoui-defend-ses-droits-legitimes/