


Samedi 17 octobre, à 18 heures, place Edmond-Arnaud, devant la plaque commémorative
la Ville de Grenoble et le Collectif 17 octobre 1961 Isère, dont l’ANPNPA fait partie, ont rendu hommage aux victimes de la répression de la manifestation d’Algériens à Paris, il y a soixante-cinq ans. Après la minute silence, le programme prévoyait un cortège jusqu’à la passerelle Saint-Laurent, où des fleursont été jetées dans l’Isère.

« C’est à la fois un honneur d’être parmi vous, mais c’est surtout une certaine gravité qui m’habite », a déclaré la maire, Laurence Ruffin (ci-contre) , devant les élus, les représentants consulaires et associatifs et les habitants. Elle a rappelé les faits et le long chemin de la mémoire : les faits n’ont été reconnus qu’en 1991.
Citant l’historien Benjamin Stora, elle a affirmé que «l’apaisement passera par une reconnaissance des souffrances de l’autre ». Et d’insister : « Notre présent, sans cette mémoire, n’a pas d’avenir. » En conclusion, elle a invité à être fier d’une ville «ouverte, engagée, accueillante, antiraciste »



Au nom du collectif, qui réunit une quarantaine d’associations, Nedjma Bendiab a remercié élus présents et rappelé que le souvenir de cette date est honoré à Grenoble depuis plus de
trente ans, avec un premier rassemblement dès le 18 octobre 1961. Pour le collectif, cette mobilisation permet de « regarder en face l’Histoire de la colonisation de ce qu’elle dit de notre présent ». Il demande à l’État de reconnaître officiellement sa
responsabilité et de qualifier les événements de « crime d’État », ainsi que l’ouverture sans restriction des archives de la guerre d’Algérie aux chercheurs. Il rappelle que l’Assemblée nationale a adopté, le 28 mars 2024, une résolution condamnant le massacre, et soutient la création d’une journée officielle de commémoration.

Marcel Borg, ANPNPA-Grenoble

